|
Cette année,
la Journée de Prière fut entièrement centrée
sur la souffrance et les hommes ; les thèmes principaux en furent
: la Miséricorde de Dieu, le mystère de l’amour et
de la souffrance, le mystère de la Rédemption et de la Corédemption.
Certaines personnes portant de grandes souffrances ont elles-mêmes
présenté des exposés ou bien il fut parlé
d’elles. Grâce à ces témoignages impressionnants,
on a pu saisir l’importance et la valeur de la corédemption.
Il y fut bien clarifié, à l’encouragement de tous,
qu’en soi, personne n’est exclu de la corédemption
; ce n’est pas seulement la personne stigmatisée, ou bien
celle qui est injustement persécutée ou encore l’enfant
handicapé qui, à juste titre peuvent se dire « corédempteurs
» ; le sont aussi tous ceux qui portent une souffrance, même
une souffrance qu’ils se sont causée eux-mêmes ou qui
n’a rien d’honorable, dans la mesure où ils l’offrent
en union à la souffrance rédemptrice de Jésus. Elle
devient ainsi une source de bénédiction et de grâce
pour les autres. Quelle Bonne Nouvelle le Christ nous donne ! Quelle consolation
pour tous ceux qui souffrent !
| 
|
Mgr. Joseph Maria Punt, administrateur apostolique
du diocèse de Haarlem-Amsterdam a ouvert la 4ème Journée
Inernationale de Prière : « C’est une fête toute
particulière en une année toute particulière, l’Année
Jubilaire 2000… C’est une année qui marque un tout
nouveau début dans notre propre vie, dans notre Eglise et dans
le monde. C’est pourquoi j’ai attaché l’indulgence
jubilaire à la participation à cette assemblée…
Prions pour notre monde avec force et avec foi en cette fête de
Pentecôte afin que l’Esprit Saint habite dans le cœur
de tous les hommes, qu’Il les préserve de la corruption,
des calamités et de la guerre !… Prions avec Marie afin qu’il
se fasse une nouvelle Pentecôte !… Commençons par dire
la prière d’Amsterdam ! »
Cette année encore, les pèlerins
ont afflué au Palais des Congrès de la RAI à Amsterdam.
Ils sont venus de 83 pays répartis
sur tous les continents afin de célébrer Pentecôte
en union avec Marie, la Dame de tous Peuples comme au temps des Apôtres
à Jérusalem. Le seul fait qu’ils se soient retrouvés
tous ensemble, jeunes et vieux, malades et bien-portant, gens de confessions,
rites, langues et couleurs différentes et qu’ils aient pu
s’unir dans une même prière, à lui seul témoigne
de la paix et de l’harmonie qui fut sensible à tous. Cette
Journée de Prière avait vraiment quelque chose de l’événement
de Pentecôte, ce qui a fait dire à l’unanimité
: « C’était la plus belle de toutes ! Nous ne faisions
plus qu’une seule et grande famille, toute heureuse de l’être
! » Un commentaire très pertinent et juste en a été
donné par le Quotidien hollandais qui a le plus fort tirage ‘De
Telegraaf’ dans lequel on pouvait lire au 13 juin 2000 : «
En sa qualité de Dame et Mère de tous les Peuples, Marie
désire rassembler tous les peuples pour en faire une seule Communauté
; Elle veut porter la vraie joie sur la terre. »
Ce qui a marqué particulièrement
les pèlerins, fut la présence de nombreux évêques,
de « tant d’évêques heureux d’être
ensemble », comme l’exprimait une dame d’Allemagne.
C’était bien ainsi ! Il y avait
le Patriarche et Chef de l’Eglise syro-catholique d’Antioche,
l’actuel Liban, quatre archevêques
de Damas en Syrie, d’Izmir en Turquie, de Calcutta en Inde et de
Nairobi au Kenya, 12 évêques venus de l’Inde, de Chine,
d’Indonésie, des Philippines, du Sri Lanka, de Malawi, du
Nigeria, de l’Uruguay, d’Italie, des Pays-Bas et de Lithuanie
et même un Archimandrite de Biélorussie. Ils ont tous
suivi l’appel de la Dame de tous les Peuples.
La liturgie de ces journées en fut teintée d’œcuménisme
quand ils apparurent revêtus de leurs ornements chatoyants dont
chacun traduisait la différence de rite : romain-catholique, greco-catholique,
syro-catholique, syro-malabre. L’un d’eux, le Patriarche d’Antioche,
dit en partant, juste avant de reprendre l’avion pour le Liban :
« La Sainte Vierge m’a transformé ! Je retourne tout
transformé ! ». Les évêques ont montré
eux-mêmes combien ils étaient touchés par la grâce
et l’enthousiasme avec lequel ils se sont laissé gagner à
la cause de la Dame de tous les Peuples, en se fournissant de matériaux
de documentation qu’ils diffuseront dans leurs diocèses respectifs.
Mgr. Tsien par exemple, l’évêque
chinois de Taiwan, veut distribuer l’image et la prière de
la Dame de tous les Peuples au sein de l’Eglise clandestine de Chine
et l’apprendre aux fidèles. Il n’y eut pas que les
évêques à être renforcés dans leur engagement
pastoral ; les prêtres aussi au nombre de 80, retournèrent
avec une nouvelle force.
« Ce fut pour moi, un jour splendide
et saint !
Je souffre d’un handicap et sans l’aide de Dieu, je ne pourrais
même pas vivre.
La Sainte Vierge m’a donné ici la grâce de me rapprocher
de Son Jésus,
et de mon Jésus et d’avoir une nouvelle force pour porter
ma croix avec Jésus. »
Valentina S.
Combien les souffrances sont précieuses
!
par le P. Paul Maria Sigl,
lors de l’une de ses interventions
pendant la Journée de Prière
« Il n’y eut en aucun siècle et à un tel échelon
mondial autant de peine, de douleur et de souffrance qu’en ce siècle
passé ! Jamais il ne fut possible dans les siècles passés
d’en être informé autant qu’aujourd’hui
par les médias ! Et pourtant, il n’y eut encore jamais dans
l’histoire, d’époque chrétienne qui comprenne
aussi peu la valeur rédemptrice de la maladie et de la souffrance.
C’est pourquoi l’idée de fond qui inspire cette 4ème
Journée Internationale de Prière en l’Année
Jubilaire, est précisément d’expliquer à nos
frères et soeurs qui souffrent dans leur corps, dans leur âme,
dans leur psychisme, tout particulièrement à ceux qui sont
handicapés et isolés, le sens profond de leur souffrance.
La souffrance que l’on accepte d’unir à la Souffrance
rédemptrice infiniment précieuse de Jésus-Christ
et que l’on offre ainsi à Dieu, prend une immense valeur
et fait jaillir un flot de bénédictions sur l’humanité.
Cette Bonne Nouvelle qui porte en elle une consolation si profonde a presque
totalement disparu de la mentalité chrétienne ; car si nous
comprenions mieux la valeur de la souffrance, nous nous comporterions
avec plus de respect et d’amour envers les malades et nous saurions
voir dans l’enfant handicapé, non pas un châtiment
qui frappe la famille, mais une bénédiction pour elle. Cette
année encore, nombreux ont été ceux qui, devant l’image
bénie de la Corédemptrice, ont compris plus profondément
le sens de ce message pour eux si consolant : « Si j’offre
mes souffrances, celles que je porte sans faute de ma part ou bien celles
que par égoïsme, je me suis causées moi-même,
je me trouve, tout en étant fragile, malade et handicapé,
au sommet de ma vie ! »
|