Contenu du site


Rencontre internationale des jeunes: Ilja Astapov, Moscou - Détails
Home --> Archives --> Journées de Prière --> 2005 Amsterdam

Imprimer la page

 

Untitled Document

Rencontre internationale des jeunes

« Mère, où demeures-tu ? »

Témoignage
d'Ilja Astapov de Moscou

7ème Journée Internationale de Prière à Amsterdam
6 - 8 mai 2005

Ilja, pendant la prière d’intercession des jeunes, à droite

Ilja Astapov de Russie nous parle du chemin qui l’a conduit à Marie. Il a 19 ans et étudie la pédagogie à Moscou. Il dit lui-même que, dans sa famille, Dieu n’avait pas de place. Pourtant, il n’a jamais douté de son existence. À l’âge de trois ans, il a été baptisé avec ses deux frères dans l’église orthodoxe. Bien que tout petit et qu’à cet âge-là, il ait eu une compréhension limitée des choses, il a posé au prêtre pendant le baptême des questions très intéressantes, tout en cherchant constamment à toucher sa croix. À la surprise générale, le prêtre le prit avec lui derrière l’iconostase, alors que cet endroit, dans l’église orthodoxe, est strictement réservé au clergé. Ilja lui-même dit que, dès ce moment-là, un fondement a été posé en lui qu’il ne va découvrir qu’en 2002, lors d’un pèlerinage à Fatima.

« Mère, où demeures-tu? » Ce n’est pas moi qui ai posé le premier cette question à notre Mère céleste. Cette question résonne maintenant aussi en mon âme : « Mère, où demeures-tu ? » Ou peut-être devrais-je demander plus précisément : « Mère, où m’appelles-tu ? »

Marie elle-même a répondu à cette question en m’invitant en juin 2002, de façon tout à fait inattendue, à un pèlerinage en Europe de l’Ouest dans des sanctuaires marials, un pèlerinage qui culminait à Fatima au Portugal. C’est seulement après le pèlerinage que j’ai compris de combien de dangers la Sainte Vierge m’avait délivré. Elle a toujours étendu son manteau protecteur sur moi dans les moments les plus difficiles de ma vie. Elle était toujours près de moi, surtout là où je ne voulais pas entendre parler d’elle.

J’ai passé les heures les plus difficiles de ma vie au moment de la puberté ; je me sentais pris dans une lutte entre deux camps, entre la lumière et les ténèbres. Je ne cessais de constater que je n’étais pas comme beaucoup d’autres, qu’en fait, je voulais être bon. Dans mon effort pour me trouver moi-même, je me suis mis à mener une double vie. Je regardais pendant des heures de mauvais films : des films policiers, d’horreur, ces films dans lesquels on montre le combat entre le bien et le mal. Je tenais même un journal de bord dans lequel je notais tout ce qui se disait dans ces films sur l’enfer et sur Satan. Au lycée, je me suis mis à fumer et à boire des alcools légers. J’essayais d’une certaine manière de refouler l’autre que j’étais.

Il vint ensuite pour moi, un temps de profonde solitude, d’abandon. Je voulais prouver quelque chose aux autres, leur montrer la force qui était en moi. À ce moment-là, je ne connaissais malheureusement du monde que la face obscure. C’est ainsi que je pensais que Satan possédait tout pouvoir et toute force, du moins c’est ce qu’il me semblait voir. À partir d’un rêve que j’ai eu et dans lequel je me voyais sous les traits d’un mage qui avait beaucoup de pouvoir et de force de destruction, je me suis laissé entraîner à un acte qui aurait pu avoir de graves retombées. À la suite de ce rêve, j’ai écrit en effet une lettre à Satan en lui offrant mon âme, exactement comme je l’avais vu dans un film. Je signais même de mon propre sang. J’ai mis la lettre sous le coussin pour, comme je le croyais naïvement, la cacher aux yeux des bons anges.

C’est alors que, sans que j’en sois conscient, Marie est intervenue dans ma vie. Il me semble qu’en cette nuit, la Sainte Vierge m’a protégé de Satan et couvert de son manteau. Ce n‘est pas en vain qu’on vénère, dans l’église où j’ai été baptisé, une icône du nom de : La Vierge aux trois mains. D’une main, Marie tient l’Enfant Jésus ; de l’autre elle montre son propre cœur comme pour dire : « Je prie pour toi. » La troisième main, elle la tend au pécheur pour lui venir en aide afin qu’il saisisse cette main. Dans mon cas, il est sûr que Marie m’a tendu sa main salvatrice et a mis ma main dans la sienne au moment où je me trouvais au bord de l’abîme. Aussi incroyable que cela paraisse, je changeai subitement en bien. Je ne pouvais plus supporter par exemple que mes frères se disputent. Bien sûr, ils se moquaient de moi. Je me suis mis à écrire des poésies et à aimer la nature. Après l’école du dimanche que j’aimais fréquenter mais où je ne restais que quelques heures, je me suis mis au théâtre dans ma recherche de la vérité.

Parce que ça me plaisait, on m’a invité à ‘Dom Marie’, une maison à finalité caritative avec une chapelle de l’adoration perpétuelle, pour y jouer le rôle d’Hérode. C’est seulement à présent que je comprends que je n’y ai pas été appelé par hasard. La Sainte Vierge m’a conduit vers les enfants pauvres dont les parents étaient alcooliques ou drogués. C’était le premier degré de l’oubli de soi. J’aimais beaucoup travailler avec les enfants. Nous avons joué du théâtre, chanté et écouté ce que nous enseignait la catéchète. Sans avoir jamais vraiment eu d’instruction religieuse, je comprenais beaucoup ; il me semblait même que je le savais déjà.

Vint alors le jour de cet important pèlerinage en 2002. Dieu m’a fait faire la connaissance de catholiques qui m’ont profondément impressionné et j’avais le sentiment que celle qui m’avait été si proche sans que je la connaisse encore, me parlait d’elle à travers ces gens.
Dès le début, on nous a offert des chapelets bénis par la Sainte Vierge à Medjugorje. Comme cette prière m’a mis dans la familiarité de Marie ! J’aurais été prêt à prier durant tout le trajet cette merveilleuse prière du Rosaire sans manger ni dormir pour ne parler qu’avec elle et entonner sans cesse ce : « Réjouis-toi, Marie ! » Je me sentais comme des ailes. Mon cœur lui aussi se réjouissait à ces mots que lui a adressés l’ange. Même quand tout le monde était déjà fatigué, je prenais le micro pour contempler inlassablement un mystère de la vie de Jésus et de Marie. C’est ce qui à la fin m’a valu le surnom de ‘gars du Rosaire’. On aurait dit qu’elle m’appelait : « Suis-moi ! Je te parlerai de moi et de mon Fils. » Il en fut bien ainsi. D’un pays à l’autre, nous avons renforcé notre lien avec elle : à Tchestochowa, à Cracovie, Stuttgart, Cologne, Lourdes, Lisieux, Montserrat, Madrid, Barcelone et à Fatima. C’est elle qui nous a conduits d’un lieu d’apparition à l’autre jusqu’à Fatima.

À Fatima, la Sainte Vierge a invité à prier pour la conversion de la Russie. En 1917, elle est apparue à trois petits bergers, leur demandant de prier fidèlement le chapelet et afin que le monde entier soit consacré à son Cœur Immaculé. Nous voilà donc à Fatima, 70 personnes venues de Russie, catholiques et orthodoxes réunis, pour trouver, en Marie, notre Mère. Nous avons fait à genoux les cinq ou six cents mètres restants jusqu’au lieu de l’apparition. J’étais en tête car je portais le drapeau russe. À ce moment-là, je n’ai pu dire qu’une chose : « Oh ! Mère, nous voilà devant toi pour te consacrer notre Russie. » J’ai donné alors mon cœur et ma vie à Marie en me mettant à son entière disposition. J’ai tout oublié de ce qui était derrière moi et je me sentais comme après un deuxième baptême. Elle est devenue Mère pour moi et je voulais être prêtre pour elle. Toutes ces rencontres que j’ai faites avec elle n’ont servi qu’à me montrer de plus en plus clairement ma vocation. C’est ainsi que ce voyage à Fatima et mon retour ont été pour moi un seul appel à la conversion.

La Sainte Vierge m’avait cependant préparé une surprise particulière à Cologne. C’est là en effet que j’ai reçu d’un prêtre catholique l’image de la Dame de tous les Peuples. Je n’en avais encore jamais entendu parlé mais je savais qu’elle me le ferait comprendre plus tard. Déjà à ce moment-là, je m’étais décidé à n’être qu’une petite brebis qui désire seulement avoir les yeux fixés sur elle.

C’est ainsi que je suis entré dans l’église catholique pour me convertir enfin, me trouver enfin moi-même, grandir dans la vie spirituelle et travailler avec les jeunes. Mais, rendez-vous compte, alors que j’avais été comblé de tant de grâces au cours de ce pèlerinage, il m’a fallu subir encore des rechutes et parfois c’était presque comme si ce pèlerinage n’avait jamais eu lieu. Un jour que dans une pièce de théâtre, je jouais le rôle de Don Bosco et mettais la soutane, je sentis enfin à nouveau l’appel à la conversion, cette même joie que j’avais eu quelques temps auparavant en rencontrant Marie. Dans toutes ces épreuves, j’ai pourtant pu dire à maintes reprises d’un cœur sincère : « La Sainte Vierge est ma maman. Elle est toujours près de moi. »
À présent, une question surtout se pose à moi qui ne cesse de me préoccuper : « Où demeures-tu, Marie ? C'est-à-dire, où veux-tu m’avoir, Mère ? »

Si aujourd’hui, la Mère de tous les Peuples me fait entrer un tout petit peu dans le mystère de ses apparitions, c’est à la seule fin de pouvoir la servir mieux un jour. Elle me fera bien savoir où ce sera car : « C’est toi, Marie, le chemin qui nous conduit au Christ ! »

Imprimer la page




Navigation