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MESSAGES AU CONTENU SALVIFIQUE
Biographie de P. Paul Maria Sigl, 2005
deuxième partie
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Cette photo, prise chez Ida dans les années cinquante, montre
le cadre modeste dans lequel ont eu lieu des apparitions d’une
telle importance.
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PREMIÈRE APPARITION DE LA DAME
DE TOUS LES PEUPLES
La Seconde Guerre mondiale n’est pas encore
terminée quand, le 25 mars 1945, commence la série des grandes
apparitions mariales à Amsterdam. L’Église célèbre
ce jour-là la fête de l’Annonciation, l’évènement
le plus important de l’histoire de l’humanité :
Dieu, en Jésus, se fait homme pour nous racheter du péché
et de la mort.
Cette œuvre de la rédemption a commencé
dans le secret et le silence, enfouie dans le sein immaculé de
Celle qu’un jour on appellera la Corédemptrice. Il ne faut
certainement pas y voir l’effet du hasard si Marie a choisi précisément
le jour de cette fête pour se manifester au monde comme Dame et
Mère. Les messages qu’elle donne à Amsterdam sont
en effet d’une portée universelle et salvifique pour l’Église
et pour le monde.
Ida elle-même fait le récit de cet évènement :
« C’était
le 25 mars 1945, en la fête de l’Annonciation. Assises dans
le séjour, mes sœurs et moi-même, nous étions
en train de bavarder autour du poêle à charbon. C’était
la guerre et ce qu’on a appelé l’hiver de la faim.
De sortie ce jour-là, le Père Frehe était passé
nous voir. » (Le Père Frehe est resté pendant
50 ans confesseur et directeur spirituel d’Ida, de 1917 à
sa mort, le 12 février 1967.)
« Vous savez comment vont les
choses : On parle de la guerre et de tout ce par quoi on est passé.
Cette semaine-là, il y avait eu de nouvelles rafles et des choses
semblables. Nous avions donc beaucoup à nous raconter. Nous étions
en pleine conversation quand je me suis soudain sentie attirée
dans la pièce attenante ; je ne sais aujourd’hui toujours
pas comment. J’ai regardé dans cette direction et j’ai
vu tout d’un coup venir une lumière. Je me suis dit :
D’où vient cette lumière ? Et comme elle est
curieuse !
Je me suis levée, ne
pouvant faire autrement que de m’en approcher.
J’ai vu s’approcher la lumière dans un coin de la pièce.
Le mur disparut à mes yeux et tout ce qu’il y avait là,
normalement, n’y était plus. C’était un océan
de lumière et un espace vide illimité. Ce n’était
pas la lumière du jour ni une lumière électrique.
Je n’arrivais pas à comprendre le genre de lumière
que ce pouvait être. Mais il y avait un espace vide sans fin et,
de cet espace, j’ai vu soudain se détacher une forme, une
forme vivante, une silhouette de femme ; je ne sais pas l’expliquer
différemment.
Elle était vêtue d’une robe blanche et portait une
ceinture. Elle se tenait debout, les bras tendus vers le bas et les paumes
des mains tournées vers l’extérieur, tournées
vers moi.
Tandis que je la regardais, quelque chose d’étrange m’étreignit.
Je me suis dit : “Qu’est-ce que c’est que ça ?”
Et je ne comprends toujours pas comment j’ai osé penser :
“Ce doit être la Sainte Vierge ; c’est pas possible
autrement.” Entre-temps, j’entendais mes sœurs et le
Père Frehe qui disaient : “Qu’est-ce qui
te prend ?” et “Qu’est-ce
que tu fais là ?”
Mais je ne pouvais pas donner de réponse parce que j’étais
trop captivée par la forme. Soudain, la forme s’est mise
à me parler. Elle a dit :
“Répète après
moi.” Je
me suis donc mise à répéter mot à mot ce qu’elle
disait. Elle parlait très lentement.
Mes sœurs et le Père Frehe étaient venus se placer
autour de moi. J’ai entendu le Père Frehe qui disait :
“Qu’est-ce qu’elle va nous faire ? Elle
va devenir sainte par-dessus le marché ?”
Mais quand il m’a entendu prononcer des paroles, il a dit à
ma sœur Truus : “Note un peu ce qu’elle dit.”
Ma sœur n’avait pas envie de le faire car elle trouvait que
c’était stupide.
Mais le Père Frehe a insisté : “Note-le !”
Après que j’ai eu répété deux ou trois
phrases – que la voix disait –, j’ai entendu le Père
Frehe me dire : “Eh ! Demande-lui un peu qui c’est
!” J’ai demandé
alors : “Êtes-vous Marie ?” La forme a souri et m’a
répondu : “Ils m’appelleront
la Dame, Mère.”
Elle souriait en disant ces mots. En prononçant les deux mots “la
Dame”, elle a avancé légèrement la tête
vers moi. J’ai donc répété : “Ils
m’appelleront la Dame, Mère.” J’ai alors entendu
le Père Frehe qui disait : “La Dame ? C’est
bien la première fois que j’entends ça ! La Dame
?” Et tous deux, avec ma sœur
qui écrivait, ils partirent d’un grand éclat de rire.
J’en fus quelque peu contrariée. Je me disais : Si seulement
vous pouviez voir ce que je vois, vous ne ririez pas ainsi ! Mais,
bon ! Je ne pouvais pas leur en vouloir puisqu’ils ne pouvaient
pas voir ce que je voyais.
Quand la forme a eu fini de dicter, elle a disparu très lentement.
Ce n’est qu’ensuite que la lumière a disparu à
son tour et, soudain, j’ai retrouvé autour de moi la pièce
comme elle était depuis toujours.
Le Père Frehe, bien sûr, s’est mis à me poser
des questions : “Mais qu’est-ce que c’était
au juste ?” Je lui ai répondu :
“Je ne le sais même pas moi-même. Je pense que c’était
Marie.” “Ah bon !”,
a-t-il dit, sans ajouter de commentaire. » (Le récit
rapporté ci-dessus, le Père Brouwer, assomptionniste, l’a
entendu de la bouche même de la voyante et l’a enregistré
sur cassette.)
Dans cette première apparition, une croix est déposée
devant Ida. « Je la soulève
très lentement, elle est lourde. » Par cette croix,
Ida accueille sa vocation : de porter et de transmettre les messages
d’Amsterdam.
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IDA ET LES MESSAGES
« Tu en es l’instrument. La
Dame prend soin de tout. »
Dès l’enfance et pendant sa jeunesse,
Ida a été préparée à sa vocation très
spéciale. C’est cependant par un acte soudain et inattendu, comme
dans la vie des prophètes, qu’à l’âge de quarante
ans, cette simple employée de bureau se voit investie d’une mission
lourde de responsabilité. En quinze ans, à partir de ce 25 mars
1945 et jusqu’au 31 mai 1959, elle reçoit en tout cinquante-six
messages de la Sainte Vierge. Ils sont suivis, dans les années quatre-vingt,
de ce qu’il convient d’appeler des « expériences
eucharistiques » qu’elle reçoit de Notre Seigneur.
Contrairement à de nombreux autres lieux d’apparitions, tout à
Amsterdam reste caché dans l’ombre et le silence. « Je
suis venue dans le plus grand secret », dit la Dame le 31
mai 1958. C’est chez elle qu’Ida reçoit la plupart des messages.
L’une de ses sœurs, Truus (Gertrude), qui est institutrice, consigne
par écrit chaque parole de la Dame qu’Ida répète.
Elle le fait d’autant plus facilement que la Dame parle lentement, marque
de longues pauses avant de montrer une nouvelle image à la voyante ou
d’exprimer une nouvelle pensée. Au besoin, Ida complète
par la suite les lacunes en ajoutant ses propres commentaires.
Les premiers messages surtout ont un sens obscur et une connotation apocalyptique
et symbolique. À l’instar des prophètes de l’Ancien
Testament, la voyante d’Amsterdam n’a pas de formation théologique,
vient d’un milieu simple et ne sait pas expliciter ce qu’elle voit.
Elle n’a jamais entendu de termes tels que « Paraclet »,
« Météore » ou « Ruah »
et a beaucoup de peine à traduire les faits inconnus qu’elle voit
se produire dans les visions. La Sainte Vierge cependant la console : « Dis
à ton directeur spirituel que le Seigneur choisit toujours ce qui est
faible pour ses projets grandioses. Qu’il soit rassuré ! »
(4 avril 1954) « Je le dis une
fois encore : le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple pour
sa cause. » (15 avril 1951) « Tu
as une grande tâche à accomplir. » (15 juin 1952)
« Grâce à cet instrument,
dans un petit pays où les choses sont remises en cause, la Dame de tous
les Peuples fera part tous les ans de ses remontrances et de ses consolations
maternelles. » (31 mai 1954)
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« N’HÉSITE PAS,
CAR JE N’AI MOI-MÊME JAMAIS HÉSITÉ ! »
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Dans les visions, la Dame fait preuve de pédagogie
envers son élève, émaillant son discours d’injonctions
pleines de sagesse et d’amour : « Écoute
bien ! », « Regarde
bien par-là ! », « Lis !
», « Retiens bien ! »,
« Mets en garde ! »,
« Dis ! »,
« Diffuse ! »
… Ida se fait, en obéissance, le vecteur du message que la Dame
désire transmettre urgemment au pape, à l’évêque
de Haarlem-Amsterdam, à l’Église, aux théologiens,
en fait, au monde et aux peuples afin qu’un renouveau se fasse dans l’Esprit
Saint. Il est bien compréhensible qu’Ida ressente souvent son incapacité
et sa faiblesse face à une telle tâche. Il lui arrive plus d’une
fois de poser cette question inquiète à la Dame : « Est-ce
qu’on va me croire ? » La Dame la tranquillise
alors et l’encourage ainsi que son directeur spirituel : « N’hésite
pas, car je n’ai moi-même jamais hésité ! »
(15 août 1951), « Ne sois
donc pas si angoissée ! Pourquoi avoir peur de la cause du Fils ? »
(28 mars 1951), « Je ne te demande
pas autre chose que de faire ce que je te dis. On n’attend rien de plus…
Toi, femme de cette terre, tu n’es pas capable de mesurer la grande valeur
que cela peut avoir. » (4 mars 1951)
« Tu me dis que tu n’as que des mains vides à offrir.
La Dame ne te demande que de transmettre ces messages à ceux qui en ont
besoin. La Dame s’occupe du reste. » (5 octobre 1952).
La fidélité à certains ordres
de la Vierge Marie lui coûte parfois tellement qu’elle se laisse
aller à un mouvement spontané de recul et de frayeur, quand par
exemple la Dame lui demande : « “Va
trouver le Saint-Père et dis que j’ai dit : Le temps est venu
à présent où le dogme peut être proclamé.
Je reviendrai en privé pour l’Église et les prêtres
au temps que fixera le Seigneur. Dis que, de l’intérieur de l’Église,
on met le célibat en danger. Mais le Saint-Père va le maintenir
en dépit de tout.” Comme
je secouais la tête en disant que je n’oserais pas le dire, la Dame
a dit d’un air un peu fâché : “Je
t’ordonne de le dire !” J’ai
acquiescé d’un signe de la tête. » (31
mai 1957)
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UNIE À LA CORÉDEMPTRICE
DANS LA SOUFFRANCE
Les choses que la voyante perçoit et ressent
dans les messages de la Corédemptrice, changent profondément le
cours personnel de sa vie. La Vierge Marie demande en effet à son enfant :
« (…) qu’ils viennent
avec tous leurs besoins, spirituels et corporels. La Dame est là (…).
Fais de ta vie une offrande… » (4 avril 1954) « Demandez-le
tous à la Dame de tous les Peuples. Et toi, mon enfant, viens devant
cette image et prie tant que tu peux. » (19 mars 1952)
Au fil des messages et au prix d’efforts sincères et continus pour
répondre aux vœux de la Dame, Ida progresse dans sa vie intérieure.
Bientôt, elle devient une vraie mère spirituelle, ce que la Vierge
Marie exprime en termes marquants : « Quant
à toi, mon enfant, je mets dans ton sein les hommes du monde entier… »
(1er avril 1951). Ceci explique aussi que la voyante ressente parfois en elle,
de façon mystique, l’état de toute l’humanité.
Dans la cinquième apparition, elle en parle : «
Nous (…) arrivons devant une grande croix. “Prends-la !
Il t’a précédée.”, me
dit la Dame. Je refuse et j’ai l’impression que les gens du monde
entier font de même et tournent le dos à la croix. »
(7 octobre 1945).
La douleur que bien souvent Ida éprouve sur un mode mystique, est participation
à la souffrance que la Dame de tous les Peuples a portée dans
son corps et dans son âme pour le salut des peuples. « Je
vois la Dame se recroqueviller et se mettre à pleurer. Il y a sur son
visage une douleur indescriptible et les larmes coulent sur ses joues. La Dame
dit alors : “ Mon enfant.”
Et j’ai alors l’impression qu’elle
fait passer cette souffrance sur moi. Une lassitude spirituelle s’empare
d’abord de moi ; je la ressens très fortement. Les mêmes
douleurs qu’avant me reprennent, mais pas aussi intensément que
la première fois. J’ai tout à coup l’impression de
m’effondrer et je dis à la Dame : “Je n’en peux
plus !” Cela dure encore un peu et tout redevient normal. »
(15 avril 1951)
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| LA PREUVE DE L’AUTHENTICITÉ
EST DANS LES PAROLES DE LA DAME
Quand Ida demande à la Dame, moins pour
elle que pour les autres, un signe qui prouve l’authenticité
de ces apparitions et de ces messages, la Dame lui répond que les
preuves sont contenues dans les messages eux-mêmes : « Les
signes sont contenus dans mes paroles. » (31 mai 1955
et 31 mai 1957) « Cela se
vérifiera avec les années. » (3 décembre
1949)
Même si des miracles de guérison ou de conversion peuvent
se produire, ce n’est pas à travers eux en premier lieu que
la Vierge Marie tient à fournir les preuves d’authenticité
de ses messages, mais à travers les évènements eux-mêmes
en tant que réalisation des prédictions qu’elle a
faites ouvertement ou à mots couverts. Au cours des années,
en effet, un certain nombre de prédictions contenues dans les messages
se sont déjà accomplies à la lettre. Les uns après
les autres, des évènements sont venus confirmer ce qu’Ida
avait vu clairement dans ses visions. La preuve qu’ils fournissent
est d’autant plus forte et convaincante que ces évènements
ne dépendent en rien de l’influence de la voyante.
Toute sa vie, Ida suit avec grand intérêt à la radio
et à la télévision les nouvelles transmises sur l’Église
et sur le monde, dans l’espoir d’y trouver une confirmation
des messages.
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Pie
XII, Eugenio Pacelli, dit Pastor angelicus, « le Pasteur
angélique ».
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La prédiction du jour de la mort du pape
Pie XII est une des plus grandes preuves d’authenticité des
messages.
Dieu seul connaît ce jour, Lui qui est « Maître
de la vie et la mort ».
Ces preuves d’authenticité qui touchent jusqu’à
la vie d’un saint pape,
montrent assez la portée universelle et ecclésiale des messages.
Dans la nuit du 18 au 19 février 1958
(mercredi des Cendres), Ida reçoit le message qui, plus que tous
les autres, va fournir une preuve d’authenticité aux apparitions
d’Amsterdam. Ida elle-même en décrit les circonstances :
« Cette nuit, je me suis
une nouvelle fois réveillée en sursaut car on m’appelait.
Il était trois heures pile. J’ai vu à nouveau la lumière
et entendu la voix de la Dame qui disait : “Me
voici à nouveau. Que la paix du Seigneur Jésus-Christ soit
avec toi (…) J’ai une annonce à te faire dont
tu ne devras parler à personne, pas même au sacristain* ni
à ton directeur spirituel. Une fois que la chose se sera produite,
tu pourras le leur dire, que la Dame te l’a dit en ce moment même.
*Sacristain : Titre que portait le Vicaire
général de la Cité du Vatican. C’était
à ce moment-là l’évêque agostinien hollandais,
Mgr Petrus Canisius J. van Lierde, évêque titulaire de Porfireone.
Il a gardé cette charge du 13 janvier 1951 au 14 janvier 1991,
l’assumant sous le pontificat de cinq papes. Il est décédé
en Belgique le 13 mars 1995, à l’âge de 87 ans.
Voici l’annonce :
Écoute ! Le Saint-Père actuel, le pape Pie XII, sera
admis parmi les Nôtres au début d’octobre de cette
année. La Dame de tous les Peuples, la Corédemptrice, Médiatrice
et Avocate, le guidera dans la joie éternelle.” J’ai
pris peur à cette annonce et j’osais à peine y croire.
La Dame dit : “Ne
prends pas peur, mon enfant ! Son successeur proclamera le dogme.”
J’ai remercié la Dame.
Sur un ton très solennel, elle a dit : “Amen.”
»
Le matin même du mercredi des Cendres, la voyante appelle son directeur
spirituel pour lui communiquer qu’elle a reçu un message
dont elle ne doit parler à personne. Le Père Frehe a alors
l’excellente idée de lui faire tout consigner par écrit :
« Non, tu dois me promettre de le mettre tout de suite par
écrit et de me l’apporter directement aujourd’hui même,
sinon il perdra toute sa valeur. N’oublie pas ! Si cela ne
tient qu’à moi, tu peux cacheter la lettre avec de la cire,
pourvu que je la reçoive aujourd’hui et le plus tôt
sera le mieux. »
Ida s’exécute, tape à la machine les paroles de la
Dame, en garde une copie chez elle, cachette l’original et l’apporte
le jour même à son directeur spirituel. Ce dernier prend
l’enveloppe cachetée et la dépose dans un tiroir où
elle sera vite oubliée. Dans les mois qui suivent, la voyante passe
alors par des moments difficiles, attendant dans la confiance et le silence
que s’accomplisse la prédiction de la Vierge Marie. Dans
une lettre qu’elle adressera plus tard à Mgr Huibers, le
24 novembre 1958, elle évoque les souffrances de ce temps-là :
« Je n’arrêtais
pas de penser à ce que la Dame m’avait demandé, de
dire telle ou telle chose au Saint-Père. Dans les jours où
le Saint-Père était mourant, c’était encore
pire. Des amis me téléphonaient en me disant souvent pour
me consoler : “Mais non, le Saint-Père ne va
pas mourir, ce n’est pas possible…” Une
fois encore, Monseigneur, ça a été le moment le plus
dur… Le matin du 9 octobre, j’ai écouté la radio
et entendu que le Saint-Père était mort. Ma réaction
fut de dire : “Dieu merci !” Je sais bien que ce
n’était pas beau de ma part, mais il me pardonnera parce
qu’il sait que j’ai dit à la Dame qu’elle ne
nous a pas laissé tomber et qu’elle n’a pas fait honte
à la cause du Seigneur… »
Ida se précipite aussitôt chez son directeur spirituel pour
lui demander l’enveloppe cachetée. Comme le Père Frehe
ne se rappelle plus ce qu’il en a fait, c’est elle qui lui
rappelle l’endroit où il l’a déposée ;
en outre, elle lui remet la copie du message qu’elle a consigné
par écrit le mercredi des Cendres, comme il l’a désiré.
Fort étonné, le Père Frehe envoie immédiatement
à Rome l’original toujours fermé par un cachet de
cire, dans l’espoir que les autorités compétentes
de la Curie y reconnaîtront une preuve crédible d’authenticité.
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Pie XII
est décédé dans sa résidence d’été
de Castelgandolfo. Sa dépouille mortelle revêtue des
ornements pontificaux a été transférée
à la Basilique Saint-Pierre où des milliers de fidèles
sont venus lui rendre un dernier hommage. |
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LE CONCILE VATICAN II
ET LA PRIÈRE DE LA DAME DE TOUS LES PEUPLES
Le 11 février 1951, la Dame révèle
sa prière à Ida et lui montre le pape au Vatican. Ida le voit
portant la tiare et tenant le sceptre dans une main ; de l’autre,
il lève deux doigts en signe de bénédiction. Il est entouré
de nombreux cardinaux et d’évêques en provenance du monde
entier qui, tous, portent des mitres blanches. Ida ne sait pas que cette vision
est une vue prophétique du Concile Vatican II. Devant le Saint-Père
se trouve un grand livre épais. Elle entend : « Écoute
bien, mon enfant ! Il y a déjà eu des changements et d’autres
sont en cours d’élaboration. Toutefois, je veux porter le message
du Fils. La doctrine est bonne, mais les lois peuvent et doivent être
changées. Je désire te dire cela précisément aujourd’hui
parce que le monde est en grande révolution. Personne ne sait de quel
côté aller. C’est pourquoi le Fils veut que j’envoie
ce message. » À ces mots, la vue du Concile s’interrompt.
La voyante se trouve alors placée devant la croix et prise dans les souffrances
de la Passion : « Je me
trouve maintenant, tout d’un coup, devant une grande croix. Je la regarde
et je ressens d’affreuses douleurs. J’ai des crampes de la tête
aux pieds. C’est comme si tous les muscles de mes deux bras se contractaient,
m’obligeant à serrer les poings. J’ai la tête comme
écartelée et j’ai des sensations de fièvre comme
si ma tête allait éclater (…). Je n’en peux plus et
demande à la Dame d’être délivrée de tout ça
(…). Tandis que je suis toujours avec la Dame devant la croix, elle dit :
“Répète après moi.
Prie donc devant la croix :
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Ida voit alors le mot « AMOUR »
écrit en grandes lettres. La Dame adresse des paroles d’encouragement
aux pauvres et aux petits de ce monde :
« Si vous pratiquez, entre vous,
la Charité dans toutes ses finesses, les grands n’auront plus aucune
chance ! (…) L’enjeu du combat, ce n’est plus les races
ni les peuples ; l’enjeu du combat, c’est l’esprit !
Comprends bien cela ! »
« Puis, la Dame croise les mains. »
Ida voit à nouveau le Saint-Père avec des cardinaux et des évêques.
« Semblant s’adresser
au pape, la Dame dit :
“Vous pouvez sauver ce monde. J’ai
dit bien des fois : Rome a sa chance. Saisissez l’occasion !
Aucune église au monde n’est construite comme la vôtre.” »
(11 février 1951)
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Personne au monde, la voyante moins que quiconque,
ne pouvait à ce moment-là deviner que cette vue saisissante était
l’image du Concile Vatican II. Plus de dix ans après, Ida décrit
elle-même ce qu’elle a vu :
« On peut lire dans les messages :
“Je vois le Vatican” et, au milieu d’ecclésiastiques,
le pape. La description que j’en fais est en réalité incomplète.
J’ai vu le Vatican puis suis entrée avec la Dame dans la basilique
Saint-Pierre. Nous avons avancé dans l’allée centrale avant
de nous arrêter au milieu de la basilique. Des deux côtés,
je pouvais voir des estrades, des bancs disposés en gradins, comme dans
un stade. Les bancs étaient tous occupés par un grand nombre de
cardinaux et d’évêques portant des mitres blanches. Je me
rappelle très clairement cette image ; je trouvais si drôle
de voir toutes ces mitres blanches que je me suis mise à rire toute seule.
Je trouvais ça pas mal, assez festif. La Dame l’a remarqué,
c’est pour ça qu’elle m’a dit : “Regarde
bien !”, comme pour me
dire : “Fais bien attention à ce que je te montre”…
“Regarde bien, ce sont les évêques
de tous les pays.” Et ça
devait être le cas, car il y avait une foule d’évêques.
Plus loin, j’ai vu le pape assis, portant la tiare. Je savais que c’était
une tiare parce que la Dame me l’avait déjà montrée
auparavant dans les messages. D’une main, il tenait un sceptre et, de
l’autre main, il levait deux doigts. Il se trouvait au bout de l’allée
centrale, où nous nous trouvions, la Dame et moi. Il y avait quelques
autres membres du clergé debout autour de lui. Mais les évêques
et les cardinaux étaient, pour leur part, tous assis sur les côtés.
J’ai même vu quelques membres du clergé assis par terre,
devant les bancs. J’ai vu ensuite que le pape avait devant lui un grand
livre épais. Bien sûr, je ne savais pas de quel livre il s’agissait.
Par la suite, toute cette scène, je l’ai revue à la télévision.
J’ai trouvé ça magnifique. Dans mon enthousiasme, je me
suis écriée : Vous avez là l’image que
j’ai vue. C’est donc cela que ça signifiait ! Dommage
que je ne l’aie pas décrite dans les messages ! Mais je l’ai
dit toute de suite au Père Frehe, à mes sœurs et à
mon frère. Eux, ils savent bien que c’est ça que j’ai
vu. »
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« Eh ! Bien, peuples,
cet instrument entend la voix de la Dame
afin de vous apporter sa parole. »
Message du 31 mai 1955
Une chose semble sûre : Ces preuves
d’authenticité, qui sont nombreuses, sont données
à seule fin de confirmer l’origine surnaturelle de la partie
la plus importante des messages. Le plus précieux des messages,
ce vers quoi ils convergent, c’est la demande faite par la Vierge
Marie du dernier et du plus grand dogme marial. C’est tout calmement,
par la proclamation solennelle de toute la vérité sur la
vocation universelle et maternelle de la Vierge Marie, que Jésus
veut écraser la tête du serpent. Il veut le faire par Marie
et par ses enfants. En couronnant la Sainte Vierge par ce dogme, on place
Marie en tant que Mère de l’Église au sein du collège
apostolique, comme ce fut le cas à Jérusalem.
« Et la Dame est restée
auprès de ses apôtres jusqu’à ce que vienne
l’Esprit. C’est ainsi qu’il est donné à
la Dame elle aussi de venir auprès de ses apôtres et des
peuples du monde entier pour leur apporter une nouvelle fois le Saint
Esprit. Car, lorsqu’il y a de grandes décisions à
prendre, il faut toujours invoquer le vrai, le Saint Esprit. »
(31 mai 1954) |
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