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Mgr. Dominique
Caloyera vit à Rome depuis 1985, où il est chanoine de la
Basilique de Sainte Marie Majeure. Né à Istanbul, il est
à l’origine de l’implantation en 1957 du Secours Catholique
en Turquie. D’une profonde dévotion mariale, il est très
soucieux de répandre cette ferveur autour de lui, partout où
il va.
Dans le courant de mes soixante années de vie sacerdotale, je ne
me suis jamais refusé à répondre par un oui, toutes
les fois où j’ai été invité à
faire connaître et aimer Marie, pour Lui exprimer ma dévotion
et ma reconnaissance. Et aujourd’hui encore, malgré la fatigue
des voyages et les changements épuisants dus à l’âge
avancé et aux misères qui lui sont liées, je suis
là pour ajouter l’expression personnelle de ma reconnaissance
et vénération à celle de ceux qui sont venus en ce
saint lieu pour s’acquitter d’un si noble et généreux
devoir.
Pour commencer, une confidence comme c’est le cas entre amis: Le
lendemain de ma démission pour de graves raisons de santé,
de l’Eglise de Smirne –la dernière des sept églises
de l’Apocalypse encore existantes- en janvier 1984, je demandai
au Saint Père son assentiment pour pouvoir m’engager en faveur
de la définition dogmatique de Marie Corédemptrice et de
la Médiation universelle de Marie et je reçus son encouragement
paternel.
Fort de la bénédiction du Pape, j’ai entrepris avec
enthousiasme les premières démarches.
Après des années d’engagement et de fatigue, j’ai
mieux compris: il s’agit chacun personnellement et par une fervente
prière, de vénérer, d’aimer et de porter Marie
de plus en plus dans notre cœur afin qu’elle soit accueillie
et comprise de mieux en mieux comme notre Mère.
Jésus nous l’a donnée comme telle du haut de la Croix
en disant à l’Apôtre Jean, représentant tous
les hommes: “Voici ta mère!”
Oui, c’est bien vrai! Mais la maternité de Marie n’est
pas restée une maternité “passive”. Le Rédempteur
dit du haut de la Croix: Mère, cet amour, cette sollicitude que
tu m’as prodigués jusqu’à maintenant, le moment
est venu que tu l’étendes à tous mes frères,
à tous les hommes dont Je suis le Premier-né: “Femme,
voici tes fils!” Au pied de la Croix, Marie est devenue vraiment
la Dame, la Mère de tous les Peuples.
Saint Paul a dit: “Je complète en ma chaire ce qui manque
à la passion du Christ”. Mais infiniment plus que saint Paul
et que tous les saints, la Vierge Marie s’est unie au Fils, a participé
à Sa Passion pour notre rédemption. Je prends la liberté
de dire: Si le Père le lui avait concédé, elle serait
même allée jusqu’à prendre la place de Jésus
sur la Croix, elle se serait laissé clouer avec Lui sur le même
bois.
En cet endroit, permettez-moi, plutôt que de poursuivre des approfondissements
théologiques et doctrinaux, de vous livrer mon expérience
personnelle.
Il y a bien longtemps de cela, le 16 juillet 1939, en la fête de
Notre Dame du Mont Carmel qui est aussi celle de mon Ordination Sacerdotale,
je me suis particulièrement remis à la garde de la Vierge
Marie en lui renouvelant la consécration de mon humble personne
et de la mission pastorale qui allait commencer.
Je lui ai dit à peu près ceci:
‘Oh! ma Mère, je ne sais pas ce que me réserve la
vie mais je sais que j’ai un besoin extrême de ton aide maternelle.
Reste toujours avec moi, je t’en supplie; bien plus, prends-moi
dans tes bras et je te promets que je chercherai toujours à te
faire aimer, je chercherai à te louer, à te bénir
et à être plein de zèle pour étendre ton culte
afin que les autres aussi reconnaissent tout ce que le Puissant a fait
en toi’.
Dans les limites de ma petitesse, à 60 années de distance,
je peux dire humblement avoir cherché à Lui être fidèle.
Mais si vous saviez avec quelle attention et quelle générosité,
Marie m’a été proche dans toutes ces années
longues et difficiles, de combien de dangers même mortels pour l’âme
et le corps, Elle m’a délivré!
Et aujourd’hui, je lui redis merci; je vous invite à avoir
confiance en la bonté et en la protection de la Sainte Vierge:
un jour seulement, dans la patrie bienheureuse, nous nous rendrons compte
et saurons estimer tout ce qu’elle a fait et fait pour chacun de
nous afin qu’il ne nous manque non seuelement aucun moyen pour avancer
dans la vie mais encore pour mériter l’éternité
bienheureuse.
Nous savons que le 8 octobre prochain, en la place Saint Pierre, devant
l’image de Notre Dame de Fatima, le Saint Père en union avec
les évêques de toute l’Eglise, renouvellera la consécration
du monde à Son Cœur Immaculé. C’est une décision
éclairée du Saint Père pour accomplir la volonté
de Marie!
Eh! bien, aujourd’hui nous tous, nous nous tournons vers elle avec
une foi et une ferveur renouvelée: elle est notre Mère parce
qu’elle est la Mère de Dieu; elle est la Dame et Reine de
tous les Peuples qui, une fois encore, au seuil de ce troisième
millénaire si chargé encore de doutes et d’imperfections,…
intervient afin que le mal soit éloigné et que la lumière
qu’est le Christ, se répande de plus en plus en tout lieu.
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