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Mgr. André Tsien représente
l’Eglise persécutée de Chine qui au cours de sa longue
histoire, a amassé une riche tradition. Les chrétiens ne
constituent aujourd’hui dans son pays que 1,5% de la population
mais ils le sont à part entière.
Mes chers frères et sœurs dans le Christ,
Vous qui êtes venus du monde entier,
Je désire mettre à profit le temps qui m‘est imparti,
pour vous faire part de mes sentiments.
Tout d‘abord, je suis venu ici pour honorer la Sainte Vierge comme
„Corédemptrice“.
Pour moi, il est juste et bon d’appeler Marie ‘la Corédemptrice’,
car en restant au pied de la Croix de son Fils, elle a coopéré
activement à l’œuvre rédemptrice.
Le titre de ‘Corédemptrice’ nous rappelle la mission
de la Sainte Vierge dans l’Eglise.
Au cours de l’histoire de l’Eglise, il y a eu quatre dogmes
mariaux. Le premier et le deuxième dogme -Marie Mère de
Dieu et perpétuellement Vierge- sont des dogmes qui concernent
la Personne de Jésus. Le troisième et le quatrième
dogme –Marie Immaculée et élevée en corps et
en âme à la gloire céleste- sont des vérités
de foi qui décrivent les effets de la Rédemption : Jésus
a racheté l’humanité du péché et de
la mort.
Bien qu’il n’y ait pas un cinquième dogme marial, la
doctrine concernant Marie Corédemptrice est en lien étroit
et manifeste avec sa vocation dans le Corps mystique qu’est l’Eglise.
Etant notre Mère, elle a été en tant que Corédemptrice
toute unie à son Fils dans Sa souffrance pour toute l’humanité
; elle est devenue de ce fait, Médiatrice et Avocate pour toute
l’humanité, pour tous les peuples.
La Tradition de l’Eglise nomme Marie depuis longtemps déjà,
Médiatrice et Avocate.
Nous espérons et prions pour qu’un jour, également
la doctrine de Marie Corédemptrice, de la vocation de Marie pour
nous tous, soit officiellement proclamée comme vérité
de foi, car cette doctrine est hautement actuelle et convient tout à
fait pour décrire le rôle de Marie dans l’histoire
du salut.
Ce titre marial ne nie et ne réduit en aucun cas, le fait que Jésus-Christ
soit l’unique Rédempteur.
Je viens ici en second lieu, mes chers frères et sœurs, pour
honorer avec vous la Sainte Vierge comme Reine de tous les peuples. En
qualité d’évêque de Taiwan, je désire
porter votre attention sur mes compatriotes chinois, surtout sur les catholiques
chinois.
La situation des catholiques dans mon
pays est très difficile et douloureuse. Pourquoi ? Parce que des
catholiques qui veulent être fidèles au Saint Père,
subissent aujourd’hui encore la persécution athée.
Ils vivent dans ce qu’on appelle l’Eglise souterraine.
L’Eglise patriotique qui a été fondée par les
communistes chinois, est l’église officielle qui est tolérée
en Chine. Cette église d’Etat, officielle est schismatique
et hérétique car elle a été organisée
et est contrôlée par les communistes chinois en conformité
à leurs principes athées.
Il y a toujours, aujourd’hui encore, des chrétiens loyaux
de l’Eglise souterraine qui sont humiliés, persécutés
et discriminés dans leur vie quotidienne. Cette oppression s’est
faite depuis le 6 janvier de cette année d’autant plus forte
qu’on a procédé à l’intérieur
de l’église d’Etat à la consécration
illégale d’évêques, ce qui a causé une
grande confusion parmi les chrétiens.
Malgré tout, nous sommes conscients, nous-mêmes, chrétiens
de l’ « Underground » que cette douleur et cette souffrance
que nous offrons en union avec la vraie Eglise apostolique, est une souffrance
corédemptrice.
Le mois dernier, après la mort de notre regretté Cardinal
Kung, la Fondation « Cardinal Kung » a fait parvenir une lettre
au Vatican demandant que l’on reconnaisse sa légalité
à l’Eglise souterraine de Chine.
Pour conclure, je désire partager encore avec vous, une joie, un
vrai motif de jubilation pour l’Eglise chinoise. Bien que la Chine
ait été évangélisée avant les autres
pays d’Asie comme le Japon, la Corée, le Vietnam, la Chine
n’avait pas encore de saint à elle alors que tous les autres
pays en avaient.
Or, le 10 mars de cette année jubilaire, le Saint Père annonçait
une grande joie pour nous :
Le 1er Octobre seront canonisés à Rome, 120 martyrs chinois.
En cet endroit, je désire souligner qu’il y a eu des milliers
et des milliers de martyrs chinois dans les siècles passés
et surtout au 20ème siècle sous la persécution du
communisme ou des autres régimes dictatoriaux.
Par exemple, Mgr. Domenic Tang, archevêque de Canton, est mort en
exil aux Etats-Unis en 1995 après 22 ans de prison. Ou bien le
Cardinal Kung, évêque de Shangai, est mort le 12 mars de
cette année en exil aux Etats-Unis. Il est resté pendant
plus de 30 ans en prison. Ils sont tous devenus des martyrs de la foi
pour avoir défendu l’unité de l’Eglise et l’obéissance
absolue envers le Saint Père. Je suis convaincu qu’en voyant
l’exemple de stabilité que donnent nos martyrs et notre Eglise
souterraine, la Chine communiste comprendra la position inébranlable
de l’Eglise catholique. C’est seulement en nous en tenant
à la Vérité que nous pouvons obtenir la vraie paix,
non pas par les compromissions.
Je suis convaincu que la canonisation des martyrs chinois donnera un nouveau
courage à l’Eglise souterraine et à tous les frères
et sœurs de bonne volonté.
Et ici, en ce lieu où nous sommes
rassemblés autour de la Mère de tous les Peuples, je désire
vous lancer un appel : N’oubliez
pas vos frères et sœurs persécutés de l’Eglise
de Chine !
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