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Homélie de S.E. Paul Maria Hnilica - Détails
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La puissance de la prière dans la vie du peuple de Dieu

Homélie de S. E. Mgr. Paul Maria Hnilica SJ
en la messe de vigile de la Pentecôte, du samedi 29 mai 2004
à l’occasion de la 6e Journée Internationale de Prière d’Amsterdam

Lectures du jour : Gn 11, 1-9 / Rom 8, 22-27
Evangile : Jn 7,37-39


Chers frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce, bien chers pèlerins,

Je vous salue très cordialement, vous tous qui êtes venus à Amsterdam en provenance de tous les continents pour honorer la Dame de tous les Peuples. Comme les apôtres au Cénacle, nous nous sommes réunis en cette fête de la Pentecôte autour de Marie, la Corédemptrice, pour implorer la venue de l’Esprit Saint sur l’Eglise universelle et sur le monde entier.

Personne d’entre nous ne doute que nous ayons besoin de façon toute particulière aujourd’hui de l’assistance divine de l’Esprit Saint. Nous nous trouvons face au péril d’une troisième guerre mondiale, qui pourrait facilement dégénérer en catastrophe planétaire. Alors même que l’ennemi ne se dévoile qu’au moment de passer à l’attaque ! Les menaces et les attentats terroristes, comme celle de Madrid, jettent le monde entier dans l’angoisse. Et c’est ouvertement que les commandos suicides, spécialement entraînés, reconnaissent : “ Nous aimons la mort !” A cela s’ajoute une situation socio-économique en grande partie préoccupante dans nos pays. Et néanmoins, face à tout cela, nous autres chrétiens ne sommes pas démunis, au contraire!

Lorsque le Saint-Père s’est rendu à Kevelar en 1987, il dit dans son homélie : “ Le sort de l’humanité ne se règle pas à Berlin, à Washington, à Moscou ou à Rome. Ce n’est pas à la table ronde des politiciens et des grands de ce monde que se décide la marche du monde, mais là où l’on prie, et c’est le cas en particulier des sanctuaires marials. ”
C’est bien pour cela que nous sommes ici aujourd’hui. Avec saint Jean Chrysostome qui nous l’enseigne, nous croyons que : “ L’homme qui prie, tient le gouvernail de l’histoire entre ses mains !”

A Fatima, la Mère de Dieu avait lancé un appel, nous demandant de prier le chapelet et de faire des sacrifices pour obtenir la fin de la première guerre mondiale. Toutefois, elle parlait déjà ouvertement en 1917, de la menace d’une seconde guerre mondiale, si nous négligions de faire ce que Dieu souhaite, à savoir : la consécration de la Russie et du monde entier au Coeur Immaculé de Marie.
Lorsque le pape Paul VI effectua un pèlerinage à Fatima en 1967, il nous exhorta instamment : “ Hommes, soyez des hommes! Montrez-vous dignes du don de Dieu que constitue la paix... Soyez bons, soyez sages, soyez généreux !... La paix est un don qu’il faut demander dans la prière et que Dieu seul peut octroyer, mais ce don, pour l’obtenir, exige notre collaboration personnelle !”

Les messages de Fatima sont précisément une illustration dramatique des conséquences que peut avoir le libre arbitre de l’homme. Si nous avions fait ce que la Mère de Dieu nous priait de faire en 1917, la seconde guerre mondiale aurait pu être évitée. Elle nous l’avait promis expressément au Nom de Dieu. Aujourd’hui nous avons à prendre une décision semblable. Le pape Jean-Paul II décrivait en ces termes la situation présente dans le texte de Consécration du 8 octobre 2000. Je cite :
“ Hommes et femmes, nous vivons à une époque extraordinaire, qui est à la fois pleine de promesses et difficile. L’humanité a en main des leviers d’accès au pouvoir sans précédents. Elle est en mesure de faire de ce monde un jardin florissant ou de le détruire totalement... L’humanité se trouve aujourd’hui, comme jamais auparavant, à la croisée de deux chemins. Le Salut, O Vierge Sainte, se trouve à nouveau, et uniquement, en ton Fils Jésus.”

Ce temps qui est le nôtre, la Dame de tous les Peuples le décrivait il y a 50 ans déjà dans les messages d’Amsterdam. En 1951, elle disait ceci : “Ce temps est notre temps. Par ces mots, j’entends ce qui suit : le monde est en état de corruption et dans la superficialité ; il ne sait pas de quel côté se tourner. C’est à cause de cela que le Père m’envoie en tant qu’Avocate afin que vienne l’Esprit Saint. Car ce n’est pas la violence qui sauvera le monde, c’est l’Esprit qui sauvera le monde.” ( message du 29 avril 1951 )
Mais cet Esprit, on ne l’obtient que par la prière.

Partout où la Mère de Dieu est apparue au cours des 150 dernières années, - que ce soit à La Salette, à Lourdes, à Fatima ou en beaucoup d’autres endroits dans le monde entier -, la prière était au coeur de son message, - à Amsterdam également : “ Dites cette prière en tout ce que vous faites.” “... Je te donne l’assurance que le monde changera.” ( messages du 31 décembre et du 29 avril 1951 )

Nombre d’hommes et de femmes de foi ont expérimenté la puissance de la prière. Il suffit de penser aux grandes figures de l’Ancien Testament, comme Abraham ou Moïse. Tant que Moïse tenait ses bras levés vers le ciel, le peuple élu triomphait de ses ennemis (Ex 17,11). De même, dans le duel inégal qui opposa David à Goliath, Dieu révéla sa puissance parce que David mit en Lui sa confiance. Il dit : “Le Seigneur qui m’a sauvé de la griffe du lion et de l’ours me sauvera des mains de ce Philistin.” (1 Samuel 17,37)


En 1982, au retour de son premier voyage à Fatima, le Saint Père me fit cette demande : “Quand nous sera-t-il donné de convertir la Russie ?” A l’époque, il n’y avait pas la moindre lueur d’espoir de voir tomber un jour le rideau de fer. Je lui répondis en citant Père Pio : “Quand nous trouverons en Russie un nombre égal de croyants qu’il s’y trouvent d’athéistes incroyants.” Et j’avais ajouté : “C’est cela, le message de Fatima !”
C’est à la Mère de Dieu qu’incombe aujourd’hui la mission biblique, autrefois dévolue à Abraham. Avant la destruction de Sodome et Gomorrhe, Dieu s’était dit : “Vais-je cacher à Abraham ce que je vais faire ?” C’est dire que Dieu aimerait donner à l’homme d’avoir part à Ses Plans !
Et, lorsqu’Abraham eut apprit le malheur qui menaçait ces deux villes, il se mit à marchander avec Dieu. Il dit : “ Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville ? Vas-tu vraiment les supprimer et ne pardonneras-tu pas à la cité pour les cinquante justes qui sont dans son sein ? ”... Yahvé répondit : “ Si je trouve à Sodome cinquante justes... je pardonnerai à toute la cité à cause d’eux.” (Gen18)
Et Abraham continua à traiter avec Dieu jusqu’à ce qu’Il lui eût promis de ménager la ville, pour seulement10 justes. Malheureusement, il ne s’y trouva pas même 10 justes. Si seulement Abraham avait eu une foi suffisamment audacieuse pour abaisser la barre jusqu’à 5 justes, peut-être que la ville entière aurait été épargnée.

Nous sommes facilement tentés de douter de la crédibilité d’un tel récit. Ça remonte à si loin ! Et bien ! Puissent les écrits de Sœur Faustine Kowalska, cette grande Sainte polonaise, apôtre de la Miséricorde Divine, venir au secours de notre incroyance.

Elle écrit dans son journal : “ Un jour, Jésus me dit qu’Il enverrait un châtiment sur la plus belle ville de notre patrie. Cette punition devait être celle subie par Sodome et Gomorrhe... Un frisson d’angoisse me traversa le coeur. Je priai en silence et bientôt Jésus me dit : « Mon enfant, unis-toi étroitement à Moi pendant le Saint Sacrifice et offre à Mon Père, Mon Sang et Mes Plaies pour obtenir le pardon des péchés de cette ville. Renouvelle ceci sans interruption pendant toute la Sainte Messe. Fais cela pendant sept jours.» Le septième jour, Jésus m’apparut ... Sa bienveillance m’encouragea ... Il dit : « Pour toi, Je bénis le pays tout entier. » ” (39)
Quelques mois plus tard, le Seigneur venait confirmer à Sœur Faustine que sa prière et son offrande avaient des effets dans le monde entier : “ Ma fille, ... pour toi je bénis la terre. ” (430) “... Je suspends bien des châtiments ... à cause de toi ... Tu me lies les mains par ton amour. ” (1192)
Sœur Faustine, comme autrefois Abraham, était de ces justes qui se tiennent devant Dieu pour intercéder en faveur du monde. Par sa prière, son oblation et sa confiance, elle est devenue médiatrice de grâces pour d’innombrables personnes.

Le Saint Père me demanda encore : “ Combien de justes faudra-t-il aujourd’hui pour sauver le monde ? ” Je n’ai su lui donner que cette réponse : “ Dieu seul le sait ! Mais la Mère de Dieu ne nous laissera pas en paix qu’elle n’ait trouvé le nombre de justes qui convient. ”

C’est aussi pour cette raison qu’elle est venue à Amsterdam. Et qu’elle a personnellement conduit chacun d’entre nous jusqu’ici. Mais cela nous donne une grande responsabilité. Il nous faut faire ce que la Sainte Vierge et le Saint-Père - qui est le représentant du Christ sur terre - nous demandent de faire, alors, comme Sœur Faustine, nous pourrons empêcher bon nombre de malheurs. A Cana, Jésus n’a opéré son premier miracle que parce que les serviteurs de la noce ont écouté Marie et ont rempli d’eau, les jarres de pierre. A nous aussi, il nous est demandé de faire ce que nous dit Marie, alors, nous verrons Dieu opérer des miracles aujourd’hui encore.

Remercions Dieu de vivre en ce temps d’apocalypse et d’être impliqués dans le combat ultime qui oppose Satan et la Femme et que saint Jean décrit dans le livre de l’Apocalypse. En la fête de saint Michel archange - lequel, comme vous le savez, a remporté au Nom de Dieu la victoire sur Satan, - Jean-Paul II a instamment appelé le monde entier à la prière ; - le Pape disait ceci : “ Nous nous trouvons dans une situation internationale extrêmement tendue. Dans certaines régions du monde - je pense en particulier à la Terre Sainte si cruellement éprouvée - les conflits sont plus violents qu’ailleurs. Quoique nécessaires, les efforts des hommes politiques ne servent pas à grand chose quand les coeurs ... sont remplis d’amertume et fermés au bon sens, et de ce fait, incapables de reprendre un dialogue porteur d’espérance. Qui peut changer les coeurs, sinon Dieu ? C’est pourquoi, il est plus nécessaire que jamais de faire monter jusqu’à Lui notre prière pour la paix dans le monde.” (citation approximative)
Si nous ne nous engageons pas, Dieu n’interviendra pas dans l’Histoire de l’Humanité, car Il requiert absolument notre participation. Et si nous collaborons trop peu, il ne faudra pas accuser Dieu si un temps de terreur et de persécutions d’une ampleur sans précédent, venait à éclater.
Unissons-nous par conséquent à Marie Corédemptrice, dans notre prière et nos sacrifices. Et commençons, après cette journée de prière, à faire connaître la Corédemptrice et à dire sa prière avec un zèle renouvelé. Le théologien
Georges Cottier, rattaché au Vatican, s’exprima au cours d’une conférence-vidéo, mondialement diffusée, sur l’importance de “vénérer Marie en tant que Corédemptrice”. En comprenant la vocation corédemptrice de Marie dans sa juste lumière, dit-il, alors et seulement alors, nous comprendrons que “tout baptisé est appelé à prendre part au mystère de la Rédemption”. C’est ce mystère que saint Paul avait à coeur lorsqu’il écrivait - du fond de sa prison - à la communauté de Colosse : “Je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l’Eglise.” (Col 1,24)
La vie de tant de saints hommes et de saintes femmes prouve combien sont puissantes la prière et l’offrande, lorsqu’elles sont unies au sacrifice rédempteur de Jésus-Christ. Il ne faut pas s’étonner dès lors que Satan mette tout en oeuvre pour empêcher la dévotion à Marie Corédemptrice et, par suite, pour nous faire ignorer le mystère de la corédemption. Sachant cela, puissions-nous être incités à nous engager avec courage et détermination pour la cause de Notre Mère, à laquelle, après le Christ, nous devons tout. Et à faire ce qu’elle nous dit :
“Eh ! bien, peuples, faites confiance à votre Mère qui n’a jamais délaissé ses enfants.” (31 mai 1955) “Peuples, récitez ma prière afin que l’Esprit Saint vienne réellement et véritablement !” (avril 1954)
Amen !

 

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