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Contribution de S.E. D. Ambrose Mariadoss de Tanjore, Inde - Détails
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« Vailankanni - le Lourdes d’Orient -
le plus grand et le plus célèbre lieu de pèlerinage interconfessionnel marial»

Contribution de
S. E. Mgr Devadass Ambrose Mariadoss
Évêque de Tanjore, Indie

7ème Journée Internationale de Prière à Amsterdam
6 - 8 mai 2005


Vailankanni est le sanctuaire marial le plus connu de l’Inde. On l’appelle aussi « le Lourdes de l’Orient ». On compte tous les ans 20 millions de pèlerins qui s’y rendent en provenance de toutes les parties de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est. La plus grande partie d’entre eux est de religion hindoue et musulmane.
En décembre 2004, ce lieu saint a été lui aussi touché par la terrible catastrophe du
Tsunami.
Mgr Devadass Ambrose Mariadoss fut témoin de l’entraide que l’on s’est donnée dans cette situation de détresse au-delà de tout clivage confessionnel ou autre. La charité a fait l’union en un moment où la foi était très éprouvée.

J’ai l’honneur de m’adresser à vous tous qui êtes rassemblés ici, autour de l’Image de la Dame de tous les Peuples. Je vous remercie de tout cœur de cette invitation. Je suis très heureux de pouvoir partager mes convictions avec vous.
Je suis évêque de Thanjavur en Inde, le diocèse d’un grand sanctuaire marial et haut lieu de pèlerinage du nom de Vailankanni. Je désire témoigner ma reconnaissance à la Vierge Marie, Mère de tous les Peuples pour la paix et l’unité qu’elle apporte à tous les peuples car, dans mon diocèse, c’est à Valkanni, dans ce sanctuaire dédié à "Marie, Salut des Malades" que se nourrit tout particulièrement notre foi.

Le sanctuaire de "Marie, Salut des Malades" de Valkanni, date du 17e siècle. Toute l’année, mais surtout de mai à septembre, y affluent de nombreux pèlerins sans distinction de caste, de confession, de langue ou de nationalité. Innombrables sont ceux qui ont reçu en ce lieu des bienfaits de tout ordre, de guérison aussi.
Ce sanctuaire est situé dans la baie du Bengale au cœur d’une paisible palmeraie. De loin, les coupoles blanches de la basilique invitent les passants à la prière et à recourir à l’intercession de "Marie, Salut des Malades", pour les grâces qu’on désire obtenir.

Ce sanctuaire tire son origine de la triple apparition de la Vierge Marie en ce lieu.

1. Marie apparaît à un jeune berger : Selon la tradition orale, la Mère de Dieu serait apparue, il y a environ 400 ans, à un pauvre petit berger hindou qui se reposait sous un gros figuier des Indes, proche de l’étang du village de Vailankanni. Il était en route pour Nagapattinam où il devait apporter du lait à un riche propriétaire terrien. Depuis lors, on appelle cet étang „Madha Kulam“, c’est-à-dire « le point d’eau de Notre Dame ».

2. Marie guérit un jeune garçon paralysé : Quelques années plus tard, Marie est apparue à un jeune garçon qui ne pouvait pas marcher et vendait du lait caillé, assis sous un figuier des Indes. Dans la langue de Vailankanni, on appelle cet endroit « nadu thittu ». La sainte Vierge le guérit de sa paralysie.

À la suite de ces deux apparitions, les gens de l’endroit ont élevé en ce lieu une petite chapelle au toit de chaume. Ils y placèrent une statue de la Mère de Dieu qu’ils appelèrent « Marie, Salut des malades ».

3. Des marins portugais sauvés du naufrage : Des années passèrent jusqu’au jour où la Sainte Vierge sauva miraculeusement de la tempête un navire de commerce portugais dans les eaux du Golfe du Bengale. Le navire a pu rejoindre sans difficulté la côte de Vailankanni. À leur grande surprise, les marins découvrirent alors en cet endroit la petite chapelle au toit de chaume avec la statue de « Marie, Salut des malades ». Fidèles au voeu qu’ils avaient fait dans la tempête, les rescapés construisirent à la place de la petite chapelle une belle église en briques de terre cuite. Cette église, bâtie par les Portugais, a été agrandie en 1772 et, à nouveau, en 1917. Elle a été élevée en 1962 au rang de basilique.

Ce sanctuaire marial attire de nos jours des gens de toutes confessions : des chrétiens, des hindous, des bouddhistes, des musulmans et d’autres encore. Il est devenu un lieu de rencontre entre différentes cultures, langues, religions et nations. Ce lieu de pèlerinage marque vraiment un signe important pour l’unité et la paix !

Le diocèse y soutient plusieurs institutions de type éducatif, social et caritatif. En février 2002, Vailankanni a servi de cadre à la célébration du congrès international pour la Journée Mondiale des malades. De nombreuses autorités civiles et religieuses en provenance de divers pays y ont pris part, ce qui a fait connaître Vailankanni dans le monde comme le « Lourdes de l’Orient ».

Le 26 décembre 2004, cette terre bénie, ce lieu de prière, de tranquillité et de paix, ce lieu d’unité et de spiritualité mariale, a été touché par la plus terrible catastrophe de notre temps, le Tsunami ! On estime à près de 1500 le nombre des victimes - pèlerins inclus - qui pour la seule ville de Vailankanni ont péri dans ce drame.

Seize de mes paroisses se trouvent dans la zone sinistrée, à la frontière orientale du diocèse de Thanjavur. Ce territoire s’étend sur plus de 300 kilomètres environ sur la côte est. Parmi ces paroisses, cinq ont été très gravement touchées par la catastrophe : Nagapattinam et Vailankanni ont souffert le plus. De nombreux centres missionnaires situés sur le territoire de ces paroisses ont été soit dévastés par l’inondation soit ensevelis sous le sable.

Très rapidement après ce désastre terrifiant, des secours ont été mis en place par le centre administratif du diocèse et celui du sanctuaire. Avec un groupe de collaborateurs et un groupe de médecins de Tanjavur, je me suis moi-même empressé de me rendre à Vailankanni pour organiser les premiers secours.

Un événement qui a de telles répercussions est un problème difficile à gérer et un défi pour tout le monde. Quelle est l’attitude de l’homme de foi face à une telle tragédie ? Quelle réponse pastorale donner à tous ceux qui ont survécu à une destruction de cette ampleur ? Dans les coeurs de ceux qui ont eu beaucoup à souffrir, la foi elle aussi est mise à rude épreuve.

Après la célébration de la messe dans le sanctuaire de Vailankanni, le lundi 3 janvier 2005, alors que je sortais de la sacristie, une famille catholique de Bangalore m’a témoigné sa gratitude envers Dieu et envers Sa Mère. Car le 26 décembre 2004, le jour où le Tsunami a déferlé sur les côtes, cette famille avait assisté à la messe de 7h30 à la basilique. En quittant le lieu saint, les enfants ont exprimé leur souhait d’aller à la plage. Mais pour des raisons qu’ils ne s’expliquent pas, ils ne sont pas allés au bord de l’eau mais au musée du sanctuaire où sont exposés tous les ex-votos en remerciement pour toutes les grâces reçues et les prières exhaussées que des centaines de personnes ont obtenues sur l’intercession de Notre Mère. C’est justement pendant cette visite que la vague meurtrière a dévasté la côte de Vailankanni. S’ils s’étaient rendus à la plage, ils seraient aujourd’hui eux aussi parmi les victimes. Dieu les a sauvés. Les larmes aux yeux, pleins de reconnaissance, ils m’ont dit : « Nur Arokia Madha, Notre Mère de Vailankanni, Marie, Salut des Malades, a préservé notre famille. »

Autre lueur de consolation dans la sombre nébuleuse de ce drame, le fait suivant : La vague déferlante du Tsunami, qui avait près de 4 m de haut, s’était frayé un passage jusqu’au porche de la basilique où se trouve la statue de la Notre Dame de Vailankanni. Alors que la muraille d’eau touchait déjà les deux premières marches qui conduisent au portail externe de la basilique, la vague subitement a reculé ! Qui pourrait le nier, quand j’ose parler d’un miracle ! Notre Mère a sauvé la vie de milliers de gens au coeur même de cette désolation. Il y a beaucoup de témoins pour dire qu’ils doivent la vie à ce miracle, à l’intervention de Dieu sur l’intercession toute puissante de Marie.
La foi est toujours récompensée !

Que l’Esprit Saint nous préserve de tout danger et de toute persécution ! Que le Seigneur nous donne le courage de dépasser ce qui est arrivé. Qu’Il nous conduise à une vie nouvelle ! Ave Maria !

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