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Excellences,
Chers confrères dans le sacerdoce,
Chers frères et sœurs dans la vie consacrée,
Chers pèlerins et amis de la Mère de tous les Peuples !
Est-ce que nous ne ressentons pas tous ici en
cette Journée mariale de prière, que l’amour de Dieu
est répandu sur nous tous et qu’il nous unit pour former
une même famille ?
Est-ce que nous ne ressentons pas tous ici en cette Journée mariale
de prière, que l’amour de Dieu est répandu sur nous
tous et qu’il nous unit pour former une même famille ?
Pour notre joie à tous, sont venus se joindre à nous, en
cette après-midi, également nos frères dans la foi,
protestants et orthodoxes, et aussi des juifs, des musulmans et même
des bouddhistes et des hindous.
Tous sont venus jusqu’ici, jusqu’à la Mère de
tous les Peuples qui les accueille avec amour les bras ouverts et qui
les embrasse comme il se doit d’une mère. C’est elle
à vrai dire qui reçoit et qui nous adresse à tous
sans exception cette invitation : «
Qui et quoi que vous soyez,
venez à la Dame de tous les Peuples ! » (6 avril 1952).
« Qui
et quoi que vous soyez, j’ai
la faveur d’être pour vous la Mère, la Dame de tous
les Peuples. » (31 mai 1954)
En union à cette Mère qui fait les honneurs de sa maison,
nous aussi, catholiques, nous désirons de tout notre cœur
vous souhaiter la bienvenue. C’est bien la première fois
que nous avons invité intentionnellement des frères et des
sœurs d’autres confessions à se réunir ici autour
de cette image. Nous répondons ainsi au désir explicite
de la Mère de tous les Peuples et nous voyons se réaliser
quelque peu ce que dans une vision, Ida Peerdeman, la voyante, décrivait.
Elle a vu la Sainte Vierge porter son regard vers le lointain comme si
elle recherchait quelqu’un :
« C’est comme si elle voulait
vraiment les attirer tous à elle, ceux qui appartiennent à
notre église, ceux qui n’appartiennent pas à notre
église et même ceux qui n’appartiennent à aucune
église. » (31 mai 1954)
Quand, dans quelques instants, un pasteur protestant, Herman de Vries,
va nous parler, ou bien P. Peter Fadi Esber, légat du Patriarcat
grec orthodoxe de Syrie, quand nous verrons un extrait du film «
Marie et l’Islam » tourné par le metteur en scène
Mohamed el Fers ou que nous entendrons Rasamée, une bouddhiste
de Thaïlande, il ne doit pas y avoir de malentendu comme si l’on
faisait une confusion entre les différentes confessions, comme
si la foi que nous confessons nous était indifférente. En
aucun cas !
Chacun d’eux va bien plus témoigner de son amour personnel
envers Marie, qu’il l’aime comme sa propre mère. Nous
serons nous-mêmes tous saisis de joie et d’une profonde reconnaissance
en entendant avec quelle tendresse la Sainte Vierge fait éprouver
son amour et sa conduite maternelle à des protestants aussi ; comment
elle protège et console des hindous et des bouddhistes et guérit
de même des musulmans. Comment pourrait-il en être différemment
? Elle est bien la Mère, la
Mère de tous les Peuples.
En considérant un tel amour maternel aux dimensions universelles
illimitées, un amour qui embrasse tous les hommes, nous prendrons
chacun clairement conscience de la nécessité d’approfondir
plus encore notre amour pour Dieu,
de dilater plus encore notre cœur dans l’amour
du prochain.
Murs et abîmes
On ne peut nier que les peuples de la terre sont
séparés les uns des autres par des murs et des abîmes
à cause des torts et des souffrances démesurées que
nous nous sommes causés mutuellement au cours des siècles
jusqu’à aujourd’hui. Des soldats prisonniers en Asie
implorent la grâce de ne pas être fusillés !
Il y a 50 ans, la Sainte Vierge élevait ici à Amsterdam
une plainte remplie de pitié :
« Regarde donc tous ces pays !
Il n’y a nulle part d’unité, nulle part de paix, nulle
part de calme pour les peuples ! Partout de la tension, de la peur ! »
(15 juin 1952)
On aspire tous à l’amour, à la vérité,
à la justice et à la paix.
Mais la corruption, l’exploitation et l’oppression de millions
d’innocents, des guerres sanglantes, des génocides, la terreur
et les actes de vengeance ont creusé des abîmes de haine
qu’il semble impossible de combler. Ces crimes ont profondément
blessé les fidèles de toutes les religions dans leur sentiment
religieux aussi et ceci à l’échelon mondial !
Je vous demande : Qui peut faire tomber ces barrières et combler
ces abîmes ? Dieu seul en est capable ! Mais en ce temps d’épreuves,
il nous envoie sa Mère et sa Mère nous rappelle le premier
et le plus grand commandement que tout
le monde peut mettre en pratique dans sa vie, même ceux qui
n’appartiennent à aucune communauté de foi. Elle dit
elle-même à ce propos : «
Les hommes doivent observer entre eux le premier et le principal commandement.
Parce que le monde aspire à l’unité en tout ce qui
est de son domaine, le Seigneur et Maître veut apporter l’unité
spirituelle aux peuples de ce monde. C’est pourquoi, Il envoie Myriam
ou Marie en tant que Dame de tous les Peuples. » (20 septembre
1951) C’est donc la vocation de la Mère de rétablir
l’unité brisée. Mais comment ? Par l’humble
amour.
Réconciliation par une humble demande de
pardon
Quand on regarde l’image de la Dame, on
est tout de suite frappé de voir que notre Mère ouvre grand
ses bras dans un geste qui veut embrasser et combler tous
les hommes. Il n’y a personne
qui ne soit exclu de son amour. La lumière qui jaillit de la Croix
et les rayons qui se dégagent de ses mains tombent sur tous
les hommes de tous les peuples, de toute tribu et de toute race,
quelle que soit son appartenance religieuse. C’est par cette bonté
maternelle envers tous qu’elle nous indique une voie que nous aussi,
nous pouvons suivre à son imitation, celle de l’amour.
Cet amour exige que là où l’unité a été
brisée, celui qui aime fasse le premier
pas de la réconciliation. Le vrai amour vit en profondeur
du pardon.
Celui qui nous a donné un exemple unique dans sa façon,
visible à tous, de suivre ce chemin de réconciliation, fut
notre pape Jean-Paul II, un pape profondément marial. Son amour
pour la Sainte Vierge lui a permis de faire exactement,
ce qu’elle-même avait fait.
Comme aucun autre pape du passé, il est allé en premier
au-devant des frères séparés dans la foi et leur
a tendu la main d’un geste de réconciliation en demandant
humblement le pardon. C’est de cette manière-là qu’il
a suivi la voie de l’unité et de la paix telle que nous l’a
montrée notre Mère.
Notre Saint Père actuel, le pape Benoît XVI a dit dès
le premier jour de son pontificat qu’il désirait être
assidu à poursuivre cette voie.
En un jour de prière pour l’unité comme aujourd’hui,
l’action pastorale de Jean-Paul II est tout à fait propre
à nous montrer comment un chrétien peut engager un dialogue
amical avec d’autres croyants et prier avec eux sans rien céder
de sa propre foi.
C’est pourquoi, nous allons reprendre quelques moments décisifs
de sa vie où on le voit agir en tant que pasteur et jeter des ponts
spirituels en donnant à tous sans acception de personne, qu’ils
soient croyants ou incroyants, l’amour miséricordieux et
réconciliateur de Dieu.
L’attentat
Le 13 mai 1981, on été tirés
sur la place Saint Pierre, les coups qui auraient dû tuer le pape
polonais. Jean-Paul II savait que c’est à Marie qu’il
a dû d’être sauvé.
Quand 70 jours après l’attentat, Ali Agca fut condamné
à la prison à vie, le pape eut à cœur de rendre
visite au prisonnier qui avait attenté à sa vie. Quand il
franchit le seuil de sa cellule, Ali Agca s’empressa de prendre
sa main pour la baiser. Nous connaissons tous cette photo devenue célèbre
où l’on voit les deux hommes s’entretenir en tête
à tête en italien pendant 20 minutes comme deux amis. À
la fin, ils se sont donné l’accolade et Ali Agca s’est
agenouillé pour baiser une fois encore la main du Saint Père
qui plus tard dit à un journaliste : «
J’ai parlé avec lui comme on parle avec un frère à
qui j’ai pardonné et qui a toute ma confiance ; »
Ce qui est peut-être moins connu mais n’en est pas moins émouvant,
c’est qu’après l’attentat, la mère d’Ali
Agca avait déjà écrit une lettre au Saint Père.
Vous en voyez là la traduction italienne avec la signature de cette
maman turque.
« Cher Pape Carol Wojtyla, c’est
une vieille femme qui s’adresse à vous pour vous demander
pardon. Une vieille femme qui porte en son cœur la douleur de retrouver
d’une façon pire encore son fils perdu dans la foi puisque
j’ai appris qu’il a voulu vous tuer. Son cœur à
elle est grand même si je ne suis qu’une pauvre paysanne.
Cependant je vous demande pardon pour ce que mon fils, Mehmet Ali Agca
vous a fait. Je vous demande pardon pour lui et pour tous ceux qui sont
dominés par le mal et qui de ce fait ont besoin de l’aide
des hommes et de l’aide de Dieu. »
Quelle humilité dans cette maman musulmane qui au nom de son fils,
fait le premier pas dans la réconciliation. Après avoir
lu cette lettre, Jean-Paul II lui a aussitôt répondu en l’invitant
au Vatican. Pour sceller officiellement la réconciliation, il l’embrassa
et lui donna un baiser. Vous voyez comme l’unité se fait
immanquablement à partir du pardon donné dans l’amour.
C’est Dieu qui doit guérir les blessures
Notre pape défunt a exercé cet
humble amour à une plus grande échelle encore, dans la lutte
douloureuse qu’il a menée pour la réconciliation avec
les églises séparées. En voici un bel exemple :
Il y a quatre ans (du 4 au 9 mai 2001), il voulait se rendre en visite
en Grèce. Selon les propres termes du porte-parole du Vatican,
Navarro Valls, on considérait ce voyage, même peu de jours
avant, comme « tout à fait impensable ». Il est vrai
que les églises d’Orient et d’Occident sont séparées
depuis presque 1000 ans et qu’en Grèce, 99% de la population
est orthodoxe. Les moines du Mont Athos ont même appelé à
un redoublement de prière pour empêcher la venue du pape.
Le voyage cependant s’est organisé. Dès les premiers
mots, dans son discours de bienvenue, le primat de l’église
orthodoxe d’Athènes, Christodoulos, souligna que personne
n’avait encore jusqu’à aujourd’hui demandé
pardon. A ces mots, le pape prit la parole et dit en toute sincérité
:« Nous demandons au Seigneur
de nous pardonner pour tous les péchés que les fils et les
filles de l’église catholique ont commis dans le passé
et le présent dans leurs rapports avec les frères et sœurs
orthodoxes… Nous demandons à Dieu… de guérir
les blessures qui font toujours souffrir l’esprit du peuple grec.
» Jean-Paul II a prononcé ces mots de pardon dans
une telle humilité que la glace s’est mise à fondre.
On a assisté alors à une chose tout à fait inattendue,
comme un petit miracle : Bien que le souhait ait été explicitement
exprimé de la part des officiels qu’il n’y ait en aucun
cas une prière en commun lors de la rencontre des deux chefs d’église,
le Saint Père demanda spontanément : «
Pourquoi ne pourrions-nous pas prier ensemble le Notre Père ? »
Le primat orthodoxe entonna la prière d’une voix forte suivi
de tous ceux qui étaient présents. « …Pardonne-nous
nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
» C’était sans aucun doute le point culminant de cette
rencontre. Le soir même, le Primat Christodoulos dit : «
Ce fut un jour historique, inoubliable. »
Cet exemple n’est-il pas tout à fait adapté à
notre Journée de Prière d’aujourd’hui ? Le fruit
de cette humble demande de pardon fut la prière commune. Mais le
fruit de la prière faite en commun sera un jour l’unité
escomptée. Le pape et le primat avaient fait exactement ce que
la Dame de tous les Peuples dit dans les messages : «
Soutenez-vous et aidez-vous mutuellement ! » (6 avril 1952)
« Cherchez à vous entendre
! Si les apôtres ont des avis partagés, comment est-ce que
les peuples pourront être unis ? » (15 juin 1952).
Syrie
Le Saint Père poursuivit son voyage de
Grèce en Syrie. Il y rencontra des dignitaires et des milliers
de jeunes appartenant à l’église syrienne, arménienne,
chaldéenne, grecque, latine et maronite. Le patriarche grec catholique
Grégoire III Laham reçut le Saint Père sur un ton
si chaleureux et demanda avec une telle flamme à tous ceux qui
étaient présents, d’oublier les divisions et d’apprendre
à vivre l’unité que les applaudissements n’en
finissaient pas. Le Saint Père serra alors si fort le Patriarche
dans ses bras que celui-ci dit : «
Jamais le Saint Père n’avait encore montré autant
de cordialité en m’embrassant. »
Lors de sa visite à Damas, Jean-Paul II fit une chose encore jamais
vue : Pour la première fois dans l’histoire, il entra dans
une mosquée en signe de sa promptitude à la réconciliation
avec l’Islam.
Une intense rencontre avec les croyants musulmans avait déjà
eu lieu une fois. C’était en 1995 au Maroc, dans un stade
qui était comble, rempli par 50 000 jeunes venus du Maroc et des
différents pays arabes. Jamais un pape n’avait encore rencontré
de jeunes islamistes. C’était de même la première
fois qu’un descendant direct de Mahomet, tel que le roi Hassan II
du Maroc, présentait aux jeunes musulmans le représentant
du Christ. Le pape avait salué les jeunes par la formule de paix
« Assalamu ‘alaikum !
». Ils lui répondirent par de frénétiques
applaudissements.
Voilà le pape à présent dans la mosquée des
Omeyyades de Damas, qui après celle de La Mecque, de Médine
et de Jérusalem est le lieu de prière le plus important
des musulmans, là où l’on vénère la
tombe de Jean-Baptiste.
Le grand mufti Ahmed Kuftoro salua par ces mots son hôte venu de
Rome dans la cour intérieure de cette gigantesque mosquée
: « C’est pour nous, musulmans,
un moment historique. Nous nous sentons profondément honorés
puisque vous êtes le premier pape de l’histoire à entrer
dans une mosquée. » Et il embrassa Jean-Paul II.
On avait l’impression de voir les retrouvailles de deux vieux amis
après un temps de séparation, tellement il y avait d’ouverture
et de cordialité pleine de respect dans cette rencontre. Comme
il l’avait déjà fait une fois, le Saint Père
s’exclama : « Assalamu
‘alaikum ! La paix soit avec vous ! » et pria pour
une réconciliation mutuelle : «
Là où les musulmans et les chrétiens ont froissé
leur sensibilité, il nous faut en demander pardon au Très-Haut
et se faire l’un à l’autre l’offre du pardon.
»
Quand des milliers de musulmans s’agenouillèrent sur des
tapis pour prier, le Saint Père lui aussi ferma les yeux et pria.
Est-ce qu’une cohabitation pacifique est
possible ?
Je pense que nous devrions tirer des leçons
de cette rencontre, particulièrement en Europe où nous en
sommes venus à cohabiter avec des millions de ressortissants de
pays et de peuples musulmans. En Allemagne seulement, on a construit dans
les 30 dernières années, plus de 2000 mosquées. Ce
n’est pas surprenant quand on sait que vivent en Allemagne plus
de trois millions de musulmans. On a publié récemment aux
Pays-Bas une étude qui prévoit dans les 8 années
à venir une majorité musulmane dans les six plus grandes
villes des Pays-Bas. Je vous demande : Est-ce que nous réussirons
nous-mêmes et nos enfants à cohabiter pacifiquement avec
nos frères et sœurs musulmans ? Le dialogue en tout cas est
incontournable. Il nous dépasse cependant des deux côtés
et ne réussira qu’à la condition d’être
profondément marqué par le respect mutuel et l’humble
amour. Mais ce respect mutuel et cet amour est un DON que Dieu veut nous
faire par Marie, la Mère. C’est elle la Mère de l’unité.
Par sa seule présence discrète elle rassemble en prière
les peuples.
Pour l’illustrer, je désire vous parler de l’apparition
mariale de Zeitoun en Egypte qui a été reconnue par l’Eglise.
C’est un bel exemple unique qui montre qu’il est possible
à toutes les races, à tous les peuples et toutes les religions
de cohabiter pacifiquement si l’amour pour Marie, notre Mère
à tous nous unit.
Zeitoun – Première reconnaissance
œcuménique d’une apparition mariale
L’apparition a eu lieu dans les années
1968/69 au Caire. Plusieurs fois apparut devant la croix dressée
au-dessus de la coupole de l’église mariale copte une forme
féminine toute blanche revêtue d’une vive lumière,
la tête entourée d’un halo de lumière. Des centaines
de milliers de chrétiens copte et grec orthodoxes ainsi que des
juifs, des musulmans et même des incroyants ont afflué vers
le lieu d’apparition. Des milliers de malades de toutes confessions
ont été guéris même là où la
maladie passait pour être incurable. Certaines apparitions ont duré
jusqu’à huit heures. Elles se firent exactement au plus fort
du conflit militaire qui opposait les pays arabes à Israël,
menaçant de déclencher une troisième guerre mondiale.
De façon marquante, LA DAME se déplaçait sans mot
dire, allant et venant continuellement de l’Est à l’Ouest
et bénissant de sa main levée.
De tous les témoins qui ont été interrogés,
c’est un pasteur protestant qui a montré le plus grand enthousiasme
et donné la plus grande certitude qui réfute tous les doutes
: « Ce ne sont pas des ombres
que j’ai vues. Des centaines de milliers de gens étaient
venus des villages et des villes. Tous, même les musulmans, étendaient
leurs draps et leurs tapis dans la rue et chantaient des hymnes en l’honneur
de la Vierge. Prier ensemble, nous ne l’avions encore jamais fait,
du moins publiquement. »
Les autorités ecclésiales du Caire déclarèrent
à l’unanimité que ces apparitions étaient authentiques.
C’était la première fois dans l’histoire des
églises séparées qu’on en venait à une
reconnaissance oecuménique d’une apparition mariale. Tous
en avaient été les témoins oculaires et étaient
convaincus de son authenticité ; le patriarche copte, le cardinal
catholique romain, le guide des chrétiens évangéliques
d’Egypte et le chef de la communauté grecque orthodoxe, le
président musulman et même le gouvernement égyptien.
L’effet en fut frappant puisqu’on vit naître un nouveau
et fort mouvement de ferveur accompagné d’une compréhension
mutuelle entre les races et les confessions qui en Egypte étaient
dans le passé souvent hostiles les unes aux autres.
Vraie fraternité avec le peuple de l’ancienne
Alliance
Le judaïsme est la religion dont la chrétienté
est restée le plus longtemps éloignée. Pendant l’année
sainte 2000, le pape Jean-Paul II s’est rendu en Terre Sainte. Près
du mémorial de l’holocauste, à Jérusalem, le
Yad Vashem, il a demandé pardon à tout le peuple juif et
l’a assuré que l’église catholique était
profondément triste de la haine et des écarts d’antisémitisme
que les chrétiens avaient pu montrer vis-à-vis des juifs
à quelque époque et en quelque lieu que ce fût. Ses
paroles ont fait couler les larmes de bien des juifs. Puis, il supplia
: « Bâtissons un nouvel
avenir où il n’y aura plus de la part des chrétiens
de sentiments anti-juifs ni de mentalité anti-chrétienne
de la part des juifs vis-à-vis des chrétiens. »
Ces paroles ont été diffusées dans le monde entier.
Trois jours plus tard, le pape se trouvait devant le mur des lamentations,
le sanctuaire juif le plus important. Il n’aurait pas pu exprimer
de façon plus éloquente sa demande de pardon. Lentement
et en s’inclinant humblement, il se dirigea vers le mur des lamentations
et y déposa dans une niche sa demande écrite de pardon.
Celui-là a le plus grand amour qui donne
sa vie
Le thème de cette Journée de Prière
est : « Vivre l’amour jusqu’à l’extrême.
» Cela veut dire que l’amour doit en venir à un ACTE
visible d’amour du prochain. Jetons encore un regard sur le mémorial
du sacrifice de l’holocauste à Jérusalem où
ceci y apparaît particulièrement. La soi-disant « Allée
des Justes » conduit en effet à ce monument. C’est
une allée bordée de 6000 arbres qui rappellent les 6000
non juifs qui pendant la Seconde Guerre Mondiale ont vécu l’amour
jusqu’à l’extrême pour sauver des juifs. L’un
des plus connus est le diplomate suédois Raoul Wallenberg qui durant
son mandat d’ambassadeur de Suède en Hongrie a sauvé
13 000 juifs hongrois de la déportation par les nazis.
La hollandaise Corrie ten Boom de Haarlem a agi de même avec l’aide
de sa sœur Betsie et de son père Casper ten Boom. Cette famille
protestante d’une foi profonde était connue pour avoir toujours
la porte ouverte à tous quand on avait besoin d’aide, indépendamment
de son appartenance religieuse. Au péril de leur vie, ils ont caché
chez eux des juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale et ont pu ainsi
sauver des centaines de vies humaines. Le père de famille de 84
ans fut dénoncé et incarcéré. Il mourut dix
jours plus tard en prison où il confia à un détenu
: « Si je suis libéré
demain, je continuerai après-demain à aider les juifs et
tous ceux qui sont sans abri. »
Mère Teresa – Un chacun est mon prochain
Le bien que de façon héroïque
la famille protestante ten Boom a fait aux juifs et aux indigents des
Pays-Bas, Mère Teresa en a témoigné de manière
semblable vis-à-vis des hindous bouddhistes et des musulmans de
l’Inde et l’a porté à l’échelon
mondial à son plein épanouissement parmi les plus pauvres
des pauvres.
Elle était profondément marquée dans son cœur
de chrétienne par les paroles de Jésus : «
Ce que vous avez fait aux plus petits d’entre mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait. » C’est
pourquoi Mère Teresa ne se lassait jamais de répéter
: « Je reconnais Dieu en chaque
être humain. Quand je soigne les plaies d’un lépreux,
il me semble soigner le Seigneur lui-même. » Nous comprenons
à présent pourquoi est écrit en grandes lettres sur
le mur du mouroir à Calcutta, là où l’on prend
soin des malades en phase terminale et des mourants : « Body of
Christ », « Corps du Christ. »
La forme la plus terrible de pauvreté était pour Mère
Teresa le manque d’amour. Elle était convaincue en effet
que celui qui est plein d’amour conduit les autres à Dieu,
et cela, sans paroles. Elle dit elle-même comme c’est vrai
: « Un jour, un homme est venu
au mouroir au moment où j’y étais. Après être
resté un long moment parmi les mourants, il vint me voir et me
dit : ‘Quand je suis entré ici, j’avais le cœur
plein de haine contre Dieu et le hommes. Mais quand j’ai vu les
sœurs, la délicatesse avec laquelle elles prodiguaient des
soins aux malades et se dévouaient à leur service, j’ai
compris que Dieu nous aime ! J’en suis tout changé. Je crois
à nouveau maintenant que Dieu nous aime ! »
L’humble amour qui se met au service des autres, transforme tôt
ou tard tout homme pour faire de lui
un cœur aimant. Laissons Mère Teresa elle-même nous
le dire :
« On m’a demandé
un jour de rendre visite à une famille hindoue de 8 enfants qui
n’avait rien à manger. J’ai pris un peu de riz et j’y
suis allée. En entrant dans la maison, j’ai bien vu à
l’éclat qui brillait dans les yeux des enfants qu’ils
souffraient de la faim. J’ai donné le riz à la mère
qui en fit aussitôt deux parts et sortit. ‘Les autres aussi
ont faim’, dit-elle. Elle faisait allusion à son voisin.
Ce qui m’a le plus impressionnée, ce n’était
pas d’avoir fait deux parts de riz mais qu’elle ait su que
le voisin avait faim. Je ne lui ai pas apporté d’autre riz
ce soir-là mais seulement le lendemain matin car elle devait pouvoir
goûter la joie d’avoir partagé, d’avoir aimé.
Le véritable amour coûte aussi des sacrifices. Cette mère
de famille était hindoue et son voisin musulman. C’était
très émouvant pour moi. »
Vous voyez, chers amis, l’amour maternel d’une missionnaire
chrétienne s’est communiqué à une mère
de famille hindoue, la poussant à faire du bien à
une famille musulmane et à partager
avec elle. Cet exemple montre bien que chacun de nous peut à l’endroit
où il se trouve témoigner son amour au prochain sans faire
acception de personne.
Oui, il faudrait qu’on puisse lire l’Evangile de l’amour
pas seulement dans l’Ecriture mais aussi dans notre vie. C’est
ce qu’expliquait un jour notre sainte de Calcutta à un journaliste
européen, d’une façon bien expressive.
Une goutte d’eau pure
Après avoir reçu le prix Nobel
de la paix à Rome, elle était attendue par de nombreux journalistes.
Elle mit une médaille miraculeuse dans la main de chacun d’eux.
C’était typique d’elle. Elle voulait simplement donner
Marie à tout le monde sans demander son identité religieuse.
Elle répondait en même temps aux questions des journalistes.
L’un d’eux se fit provoquant : «
Mère, vous avez 70 ans. Quand vous allez mourir, le monde ne sera
pas différent d’avant. Qu’est-ce qui aura changé,
après que vous vous serez donné tant de peine ? Accordez-vous
donc du repos. Il ne vaut pas la peine de se dépenser autant. »
Il y eût aussitôt le silence et tout le monde attendait avec
suspens la réponse de cette petite et pourtant si grande femme.
Elle sourit et dit : « Voyez-vous,
je n’ai jamais pensé pouvoir changer le monde. Je n’ai
voulu qu’une chose : être une goutte d’eau pure dans
laquelle Dieu puisse se refléter. Est-ce que cela vous paraît
trop peu ? »
Le journaliste dans sa perplexité ne sut que répondre. Mère
Teresa dit alors : « Faites
donc un effort vous aussi, pour être ainsi une goutte d’eau
pure, alors nous serons deux. » « Etes-vous marié ?
» « Oui, Mère. » « Bien, alors, dîtes-le
à votre femme et nous serons trois. » « Avez-vous des
enfants ? » « Oui, Mère, trois. » « Bien,
dîtes-le donc aussi à vos enfants et nous serons déjà
six. »
Chers amis, ces mots de Mère Teresa s’adressent aussi à
nous. Ils nous encouragent. Car tout homme porte en lui une certaine mesure
d’amour par laquelle il peut contribuer de façon irremplaçable
à réformer son milieu.
Mère Teresa était profondément convaincue qu’il
n’y a qu’un seul Dieu,
qui aime tous ses enfants. C’est
pourquoi, nous devons considérer tous
les hommes à égalité
devant Dieu.
C’est dans cette lumière qu’elle voyait aussi les communistes
non croyants. Un agent secret du régime lui demanda un jour en
Chine : « Pour vous, qu’est-ce
qu’un communiste ? » Sans hésiter, elle dit
: « Un enfant de Dieu. »
Le lendemain matin, les journaux rapportèrent que Mère Teresa
avaient dit que les communistes étaient des enfants de Dieu. Elle
s’en réjouit bien sûr car c’était la première
fois depuis bien longtemps qu’on pouvait lire le nom de Dieu dans
les journaux chinois.
Il est par-dessus tout impressionnant de voir qu’aux funérailles
de Mère Teresa, étaient réunis des dizaines de milliers
de personnes de différentes confessions et couches sociales, races
et nations, pauvres et riches, tous unis en UN SEUL CŒUR pour prier.
Cette sainte femme avait donné son amour à tous.
Tous l’ont ressenti et c’est
pourquoi, ils pouvaient tous prier
ensemble.
Si l’amour de Mère Teresa a pu obtenir une telle chose, combien
plus l’amour maternel de Marie à qui sont confiés
tous les peuples !
Œcuménisme marial – la voie que
Dieu nous donne de l’unité et de la paix
Pour finir, regardons une fois encore l’image
de la Dame au milieu de nous. Elle nous donne une représentation
plastique de cet amour maternel universel. Marie se tient comme Mère
sur le globe terrestre et de ses mains mystiquement transpercées,
des rayons tombent sur les brebis, sur tous les peuples et toutes les
races. La voyante Ida, qui aurait fêté aujourd’hui
son 100ème anniversaire, a souvent vu cela dans ses visions. Elle
dit un jour : « Je vois une
foule de gens différents, même des types humains dont je
ne connaissais pas l’existence. » (1er avril 1951)
La Mère de tous les Peuples, en effet, n’est pas destinée
à un seul pays mais à
tous les peuples. Elle est la mère
des catholiques sur lequel elle étend son manteau protecteur. Mais
pas seulement ! Sur l’image qu’elle a donnée à
Amsterdam, elle répand ses rayons, étend son manteau de
grâces sur tous ses enfants, même sur ceux qui ne la connaissent
même pas encore. La Sainte Vierge aime chacun de ses enfants comme
s’il était le seul et unique objet de son attention !
Il nous faut demander pour nous tous ici un amour de ce type, de cette
universalité car nous ne l’avons pas par nous-mêmes.
C’est pourquoi la Mère a donné au monde sa prière
: « …afin que l’Esprit
Saint, l’Amour habite les cœurs de tous les peuples ! »
Est-ce que cela ne correspond pas également à l’esprit
œcuménique de notre Saint Père, le pape Benoît
XVI avec qui je désire terminer ? Dès les premières
heures de son élection, il s’adressa sur la place Saint Pierre
aux croyants des autres confessions : «
J’adresse avec affection mes salutations également à
tous les baptisés… qui ne sont pas encore en pleine communion
avec nous, ainsi qu’à vous, mes frères du peuple juif
avec qui nous sommes liés par un grand patrimoine spirituel que
nous avons en commun. Enfin mes pensées se tournent, comme par
une vague qui se déploie, vers tous les hommes de notre temps,
tous les croyants et non croyants. »
Merci !
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